L’usine intelligente est un des domaines d’application très prometteur de la FoodTech. Quatrième révolution industrielle pour certains, usine du futur pour d’autres : la FoodTech met au service de l’industrie, notamment agroalimentaire, ses avancées numériques et robotiques. Simulation de process, optimisation des flux, production de masse individualisée… Les robots sont-ils vraiment indispensables à la compétitivité de l’agroalimentaire en France ? En amont de notre Vitagora Café sur la robotique et la cobotique, je vous expose mon point de vue.

 

L’agroalimentaire rattrape son retard

Si l’agroalimentaire français est souvent qualifié d’« à la traîne » en terme d’automatisation (écart de robotisation de 55% avec l’Allemagne par exemple – la moyenne des industries françaises présentant un écart de 9%. Source : Les Echos), des programmes tels que Robot Start PME ont réussi à doter les petites entreprises des outils de modernisation indispensable à leur compétitivité. Aujourd’hui, l’industrie agroalimentaire rattrape son retard – mieux encore : elle devient force d’innovation dans le domaine.

C’est ainsi que du 7 au 9 mars derniers, les dernières avancées en termes de robotique se sont exposées au CFIA (relire ici un article complet sur Process Alimentaire). Si certains robots peuvent faire sourire pour leurs aspects « gadgets », ces innovations préfigurent l’usine agroalimentaire de demain : une usine ergonomique et résolument moderne !

Par exemple, le robot Sawyer (de l’Américain Rethink Robotics) avec programmation par apprentissage et interface intuitive, démontre une forte capacité à travailler aux côtés des opérateurs sans risque et sans aménagement de cages robotisées. Le robot YuMi de ABB, qui amusait le visiteur avec sa démo de jeu de Legos au CFIA, laisse en fait entrevoir de grandes avancées dans le travail partagé opérateur/robot (voir vidéo de Process Alimentaire ici).

 

Automatiser pour la compétitivité

L’industrie agroalimentaire rattraperait donc son retard en automatisation… Mieux encore : elle se fait parfois force d’innovation ! Je regrette que les médias en aient si peu parlé : en février, notre adhérent Ynsect a inauguré son usine de production et transformation d’insectes… Entièrement automatisée, cette usine est la première du genre en France (voire même en Europe ?) ! (télécharger ici le communiqué de presse)

Antoine Hubert, président de cette start-up, nous le précise : « Aucune entreprise n’était arrivée jusqu’alors à allier entomologie (science des insectes), robotique et digital pour aboutir à un projet d’entreprise réellement créateur de valeurs économiques, environnementales et sociétales. »

Après 4 années de développement, l’innovation technologique va en effet permettre à Ynsect de produire plus de 20 000 tonnes de protéines d’insectes par an… des protéines peu énergivores, respectueuses de l’environnement, et qui font naturellement partie de l’alimentation animale à laquelle elles sont destinées. Car l’automatisation, c’est aussi ça : permettre aux entreprises innovantes françaises de se distinguer et de produire de façon durable, en quantité et en qualité suffisantes pour être compétitives à l’international.

 

Une crainte justifiée… mais un débat stérile

Mais je vois poindre alors la sempiternelle question : « les robots remplaceront-ils les hommes ? » Sans chercher à justifier l’origine de ce débat, les inquiétudes sont probablement justifiées dans le contexte socio-économique que nous connaissons. Je citerais simplement Nicolas Bouzou, du cabinet Asterès, qui rappelle dans cet article publié sur Orange.fr que « la question remonte à l’Antiquité : Aristote pensait déjà que les animaux prendraient le travail des esclaves. Elle resurgit à chaque vague de mutation technologique ».

D’ailleurs, les chiffres indiquent que plus une région est robotisée (Allemagne, Corée du Sud, Italie du Nord…), plus le taux de chômage est bas. Car la technologie n’engendre pas une disparition immédiate de ce qui la précède : elle provoque une mutation progressive à l’échelle mondiale. Optimisation de la logistique, meilleure stabilité de la qualité, diminution de la pénibilité et des risques lors que certaines tâches dangereuses ou celles en zones à haute sécurité sont confiées aux robots : leurs apports sont incontestables… et indispensables à l’innovation.

La vraie question, celle où les réflexions amèneront des innovations pertinentes, créatrices de valeur et justes, est donc celle-ci : « comment travailler avec les robots » ?

 

Les robots : des collaborateurs à part entière ?

Je dis bien « avec ». Non pas « comment faire travailler les robots à ma place ». Cette question résume l’enjeu de la cobotique. Branche émergente de la technologie, la cobotique est un domaine à l’interface des technologies cognitives (définition ici), de la biomécanique, de la robotique et du facteur humain (comportement, décision, contrôle de l’erreur, etc.).

C’est d’abord une réponse aux tâches difficiles et pénibles ou à très faible valeur ajoutée. Équipé de capteurs qui lui permettent de scruter son environnement en permanence, le « robot collaboratif » assiste en direct le geste de l’opérateur en démultipliant ses capacités en termes d’efforts pour manipuler en sécurité des pièces chaudes, lourdes ou encombrantes, ou au contraire trop petites pour être saisies naturellement avec la précision nécessaire, tout en s’adaptant aux caractéristiques de l’utilisateur.

Il s’agit aussi de développer des environnements plus efficaces, de minimiser le temps (séquençage, commande de tir…) et la surface utilisée (volume de la cellule robotique industrielle) et de maximiser l’aisance et la productivité.

 

Pour aller plus loin

Usine connectée, outils d’aide à la décision, évolution des interactions hommes-machines : où en est-on et quelles sont les innovations à venir pour l’usine agroalimentaire ? Nous en parlerons prochainement lors de notre matinale Vitagora Café dédiée à la cobotique.

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Christophe Breuillet

Directeur de Vitagora, Christophe oriente la stratégie de développement et les missions du Pôle. Ses domaines d’expertise : le développement d’entreprise, la croissance à l’international, les stratégies d’influence… en bref, le business, sous tous ces angles ! Voir tous les articles de Christophe

 




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