Version française English version Nous contacter
Rechercher Ok
Abonnez-vous à notre newsletter Ok
8e Congrès Vitagora, édition 2013
8e Congrès Vitagora, édition 2013
Vitagora Communities
Vitagora Communities
F²C Innovation
F²C Innovation
Accueil » Comportements alimentaires : les résultats significatifs d’une Expertise scientifique collective

Comportements alimentaires : les résultats significatifs d’une Expertise scientifique collective

15 juillet 2010 Beaucoup d'informations circulent sur la relation existant entre l'alimentation et la santé. Cela dit, les messages diffusés autour de la nutrition, qui s'avèrent parfois contradictoires, déroutent les consommateurs. En charge du bon état nutritionnel des populations, les politiques publiques, de leur côté, doivent nécessairement pouvoir identifier les éléments de connaissance pertinents pour formuler des recommandations efficaces.

C'est dans ce contexte qu'à la demande de Bruno Le Maire, ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, l'INRA a réalisé une « Expertise scientifique collective » sur les comportements alimentaires, dont les résultats viennent d'être présentés lors d'un colloque organisé à la Cité des Sciences et de l'Industrie, à Paris.

ComtéDirecteur du Département Alimentation Humaine du Centre INRA de Clermont-Ferrand et co-président du Comité scientifique du pôle Vitagora, Patrick Etiévant, a piloté le groupe d'experts qui a participé à ce travail. « Trois questions nous étaient posées », rappelle-t-il. « Peut-on définir des typologies alimentaires et établir une relation entre celles-ci et la santé ? Quels sont les déterminants des comportements alimentaires ? Enfin quelles actions publiques ou privées ont été mises en œuvre pour changer ces comportements et quels en sont les résultats ? » Pour y répondre, le groupe d'experts, qui dans le cadre d'une Expertise scientifique collective doit uniquement dresser un état des connaissances, à analysé environ 1 600 articles scientifiques, une moitié de ceux-ci concernant les sciences humaines et sociales, l'autre étant centrée sur l'aliment et la physiologie de la nutrition.

Concernant la première question, il apparaît qu'il existe beaucoup de données scientifiques qui permettent aux chercheurs de faire un lien entre un aliment ou sa consommation régulière et un état de santé, que cet aliment prévienne le développement d'une pathologie spécifique ou, au contraire, qu'il entraîne un effet délétère. Cela dit, si l'on poursuit l'observation, non plus au niveau d'un seul aliment mais d'un régime, qui change, d'un jour à l'autre, en fonction de différents paramètres, l'origine causale de la protection ou de l'initiation disparaît au profit de liens statistiques relativement globaux. « Autrement dit, la seule conclusion qu'il nous est permis de faire est que si un individu présente un comportement alimentaire de type prudent, ou qui correspond aux recommandations du PNNS (Programme National Nutrition Santé), il sera plutôt en meilleure santé. L'inverse est démontré pour les régimes gras et hypercaloriques », explique Patrick Etiévant.

Répondant à la deuxième question, le groupe d'experts a listé un certain nombre de déterminants des comportements alimentaires, le premier étant le déterminant physiologique. « Manger est un acte automatique que l'on apprend de manière implicite mais qui peut être perturbé au quotidien par différents facteurs comme le bruit, le stress, la télévision ou la compagnie. Tous ces biais vont en effet nous déranger dans l'appréciation automatique de ce que nous allons manger, ce qui entraîne alors une prise alimentaire au-delà de la satiété », souligne le chercheur de l'INRA. Autres facteurs qui perturbent les comportements alimentaires, l'accessibilité à la nourriture et les facteurs sociaux mais aussi les effets de halo qui sont dus à une surestimation systématique des aspects favorables et une sous-estimation des effets défavorables. « Ces derniers pèsent très lourd dans la balance », indique-t-il, précisant que l'on peut définir une classe sociale en fonction de l'aliment consommé.

Enfin, en réponse à la troisième question, le groupe d'experts indique que deux types d'actions sont mises en œuvre pour changer les comportements alimentaires. Le premier, de type PNNS 1 et 2, fait progresser la connaissance, surtout dans les classes les plus aisées de la population, sans pour cela changer les comportements. « Il arrive même parfois que le message accompagnant une publicité pour un aliment salé, sucré ou gras soit pris pour un label de qualité du dit produit », note Patrick Etiévant qui reconnaît que « globalement, ces actions n'entraînent pas vraiment d'effet sur le comportement alimentaire de ces populations défavorisées même s'il n'est pas exclu que celles-ci, par mimétisme, finissent par modifier leurs comportements à moyen ou long terme ». Par contre, la mise en place des chartes d'engagement des industriels vis-à-vis de l'amélioration de la qualité des produits semble, d'après les premiers bilans, particulièrement efficace. « Nous avons observé que les actions multi-acteurs dites à petits pas, qui mettent en œuvre simultanément des actions d'information, sur la qualité de l'offre et sur l'environnement socioculturel engageant le milieu médical, l'école, la famille et les municipalités, aboutissent à des résultats très intéressants », conclut Patrick Etiévant. Il précise qu'une suite éventuelle à cette Expertise scientifique collective fait actuellement l'objet d'une réflexion dans le cadre d'un programme transversal qui pourrait être lancé début 2011.

Contact
Patrick Etiévant
Email : alimh@clermont.inra.fr

Source : Agence JFD and Co

 

 
VITAGORA - Maison des Industries Alimentaires de Bourgogne - 4 Bd Docteur Jean Veillet - BP 46524 - 21065 DIJON Cedex - FRANCE
Tél.: 03 80 78 97 91 | Fax: 03 80 78 97 95 | vitagora@vitagora.com
Glossaire | Plan du site | Informations légales

2009 Copyright Vitagora - Réalisation Agence Tévolys