28 octobre 2011 Ils ont pour nom OPALINE, SENSINMOUTH, SENSOFAT. Ils ont en commun d'être tous les trois labellisés par le pôle Vitagora et d'avoir été financés et menés dans le cadre du programme National de Recherches en Alimentation et Nutrition (PNRA) de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR).
Très satisfaisants, leurs résultats ont été présentés à l'occasion d'un colloque, consacré au bilan de fin des projets PNRA 2006-2007, qui s'est terminé hier à Paris, à l'Espace du Centenaire de la Maison de la RATP. Il faut souligner que ces trois projets ont d'ores et déjà fait l'objet de plusieurs thèses et d'une multitude de publications.
Financé par l'ANR et la région Bourgogne, l'Observatoire des Préférences Alimentaires du Nourrisson et de l'Enfant, plus connu sous l'acronyme OPALINE, avait pour objectif de réaliser un suivi des préférences alimentaires de plus de 300 enfants, depuis la naissance jusqu'à l'âge de deux ans. Un véritable défi à relever pour la vingtaine de chercheurs impliqués dans ce projet sans équivalent dans le monde, puisqu'il s'agissait de collecter des données concernant la consommation alimentaire de l'ensemble de ces enfants et d'essayer d'évaluer leur réactivité sensorielle aux odeurs et aux saveurs, tout en s'intéressant à leur milieu psychosocial. « Nous sommes très satisfaits d'avoir pu constituer à Dijon une cohorte de 314 enfants ce qui n'a pas été une tâche facile. Nous avons pu ainsi collecter à partir du suivi de cette cohorte une énorme quantité de données dont l'analyse nous a permis d'aboutir à plusieurs résultats marquants » indique Sophie Nicklaus, chargée de recherche à l'Inra au sein du Centre des Sciences du Goût et de l'Alimentation (CSGA), qui coordonne OPALINE. Des résultats qui devraient aboutir en particulier à l'élaboration d'un certain nombre de recommandations à l'attention des pouvoirs publics et des professionnels de la santé et de la petite enfance, mais aussi des industriels, qui ont soutenu ce projet, et évidemment des parents.
L'objectif de SENSINMOUTH, également financé par l'ANR, avait pour objectif de mieux comprendre et de modéliser la dynamique de la libération des solutés à l'origine des stimuli lors de la mastication d'un aliment chez l'homme. Pour y parvenir, trois équipes de recherche (1) et deux industriels du secteur fromager, Soredab et Fromageries Bel, qui ont fabriqué les 6 fromages nécessaires dans lesquels ont été incorporées les deux molécules odorantes, avaient été regroupés autour du CSGA. « Chercheurs et industriels ont parfaitement collaboré dans le cadre de ce projet », déclare Elisabeth Guichard, la responsable de ce projet. « Un projet dont la réalisation a nécessité en particulier le développement de méthodologies originales », précise cette chercheuse qui, par ailleurs, co-dirige une des 9 équipes du CSGA. L'utilisation de capteurs optiques, de marqueurs fluorescents mais aussi d'un transducteur piézoélectrique et d'une « bouche artificielle » a en effet permis aux chercheurs d'observer les mouvements mandibulaires de la cinquantaine de sujets sélectionnés pour ce projet, de voir comment un fromage s'étale en bouche lors de la mastication, d'observer la déglutition et de suivre en temps réel la libération d'un certain nombre de composés d'arômes lors de la déstructuration de l'aliment en conditions simulant les processus en bouche. D'où une moisson de résultats intéressants qui ouvrent des perspectives pour les chercheurs et devraient apporter une aide aux industriels, en particulier dans la formulation de leurs fromages.
Pour SENSOFAT, financé par l'ANR, l'objectif était de comprendre comment fonctionne la protéine CD36 au niveau lingual et intestinal mais aussi au niveau de l'hypothalamus dans le cerveau. Connue également sous l'appellation Fatty Acid Transporter, celle-ci est un transporteur de lipide. Mais les travaux du professeur Philippe Besnard, responsable du projet SENSOFAT, qui dirige par ailleurs l'équipe « Physiologie de la Nutrition » au sein de l'UMR 866 « Lipides Nutrition Cancer » de l'Inserm, ont suggéré que cette protéine pourrait être aussi un lipido-récepteur gustatif chez la souris. D'où les travaux menés dans le cadre de SENSOFAT qui ont permis notamment de montrer que CD36 joue un rôle important dans la perception gustative des lipides alimentaires au niveau des papilles gustatives. « La protéine CD36 semble également jouer un rôle de senseur lipidique au niveau intestinal », indique Philippe Besnard. Quant à l'hypothalamus, l'on y trouve aussi du CD36 et il semble bien qu'il existe là aussi un système de senseur lipidique. « Les résultats obtenus s'avèrent intéressants et extrêmement encourageants pour la suite. D'où notre souhait de poursuivre ces recherches en particulier dans le cadre d'un SENSOFAT2, projet dont nous devrions déposer le dossier à l'ANR courant 2012 », précise-t-il. Rappelons qu'en parallèle, l'équipe dijonnaise de Philippe Besnard travaille sur « humanFATaste », un autre projet, également labellisé par Vitagora et soutenu par la région Bourgogne, qui s'inscrit dans le prolongement de SENSOFAT.
Source : Agence JFD and Co
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