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Premiers résultats d’Edusens publiés dans Appetite


  L’éducation sensorielle serait-elle une approche à privilégier pour améliorer les comportements alimentaires des enfants ? Dans un contexte de croissance, toujours plus préoccupante, du taux de prévalence de l’obésité infantile, c’est l’hypothèse que les partenaires* d’EduSens, projet labellisé par Vitagora et financé par l’ANR, sont en train de tester dans le cadre de trois expérimentations spécifiques baptisées respectivement « Classes du Goût », « Restos du Goût » et « Familles du Goût ». Globalement, il s’agit de tester successivement l’effet d’une éducation sensorielle dispensée en classe, puis au restaurant scolaire et enfin relayée à la maison par les parents.

  Chacune de ces expérimentations implique environ 200 enfants âgés de 8 à 10 ans qui viennent au Centre Européen des Sciences du Goût (CESG) pour effectuer des tests de préférence et de comportement alimentaire. Consistant à mesurer la capacité à catégoriser et à décrire les sensations perçues en mangeant et à évaluer les préférences et les choix des enfants pour plusieurs gammes de produits, ces tests sont réalisés avant et juste après l’éducation sensorielle, mais également 6 à 9 mois plus tard, l’objectif étant alors d’évaluer la rémanence des effets observés.

  Aujourd’hui achevée, la première expérimentation du projet EduSens a permis d’obtenir des résultats qui seront présentés en juin prochain par Caroline Reverdy, lors de sa soutenance de thèse réalisée dans le cadre de la première partie de ce projet. Certains de ces résultats viennent également de faire l’objet d’un article, publié dans la revue Appetite, intitulé « Effect of sensory education on willingness to taste novel food in children » et co-signé par C. Reverdy, F. Chesnel, P. Schlich, E.P. Köster et C. Lange. « Ces résultats font apparaître que l’éducation sensorielle modifie effectivement les comportements des enfants. Ainsi on observe une réduction de la néophobie, c’est-à-dire de la peur de goûter des aliments nouveaux. Pour autant, la rémanence de ces effets n’est pas assurée dès l’arrêt de l’éducation sensorielle », précise Pascal Schlich, directeur de recherche INRA, responsable du Laboratoire d’interface recherche-industrie-sensométrie (Liris) au CESG et coordinateur d’EduSens.

  Parallèlement, la seconde expérimentation « Restos du Goût » vient tout juste de se terminer. Quant à la troisième, « Familles du Goût », les dernières données seront disponibles en juillet prochain, le rapport final du projet étant prévu pour février 2009. « Il est certain que l’éducation sensorielle, qui doit commencer dès le plus jeune âge, favorise un meilleur comportement alimentaire. Cela dit, elle ne permettra pas, à elle seule, de résorber les désordres alimentaires auxquels notre société est confrontée. Cependant, si elle conduit à une réduction de la néophobie, un stade par lequel passent les enfants entre trois et six ans mais qui ne devrait pas trop perdurer au-delà, ce sera déjà un progrès », estime Pascal Schlich.

* Centre Européen des Sciences du Goût (CESG), UMR FLAVIC (Flaveur, vision et comportement du consommateur), Faculté de Médecine de Dijon, Institut de Recherche en Science de l’Education, Institut du Goût, AgroParisTech, Université d’Utrecht.

Contact
Pascal Schlich
Email : schlich@cesg.cnrs.fr

27/03/08

Source : Agence JFD and Co



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