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Vers une meilleure compréhension de la physiologie de l’olfaction


  Professeur à la Faculté de Pharmacie de l’Université de Bourgogne, directeur adjoint de l’UMR FLAVIC et membre du Comité scientifique de Vitagora, Yves Artur travaille depuis une quinzaine d’années sur les systèmes dont sont dotés les organismes vivants pour transformer des substances que l’on appelle « xénobiotiques » et en favoriser l’élimination rapide. Sous ce terme quelque peu ésotérique de « xénobiotique » sont regroupés en fait toute une série de composés comme les polluants atmosphériques, les médicaments ou encore les produits toxiques divers auxquels chaque être vivant est soumis par son environnement.

  Des contacts avec l’industrie pharmaceutique ont conduit ce laboratoire de toxicologie à s’intéresser, parallèlement à ces travaux centrés sur l’alimentation, à la barrière biologique située au niveau du nez, et plus particulièrement aux enzymes qui transforment les substances extérieures véhiculées par le nez, par exemple les médicaments, pour en permettre l’élimination dans l’organisme. « C’est ainsi que nous avons commencé à nous intéresser au sensoriel et à travailler sur l’hypothèse, déjà présente dans la littérature, selon laquelle ces systèmes enzymatiques pourraient jouer un rôle dans les mécanismes intimes de l’olfaction, un domaine sur lequel la communauté scientifique manque encore de connaissances », explique l’universitaire dijonnais.

  Aujourd’hui, peu d’équipes dans le monde travaillent sur ce sujet qui apparaît comme un véritable pari scientifique. D’où l’importance du projet, labellisé par Vitagora, qui vise à comprendre quel est « le rôle des enzymes du métabolisme des xénobiotiques dans les processus de perception chimio-sensorielle ». Dans ce cadre, deux thèses sont en cours, la première utilisant les modèles mouche Drosophile et lapin, la seconde le modèle rat. « D’ores et déjà nous avons des résultats extrêmement intéressants qui montrent par exemple que quand on modifie ces systèmes enzymatiques chez la mouche il se produit des changements au niveau du comportement et de la reconnaissance de ces mouches vis-à-vis de certaines substances qui sont, en l’occurrence, des phéromones ».

  Certes, ces travaux, qui s’achèveront fin 2009 et occupent une douzaine de personnes de l’UMR FLAVIC, du Centre Européen des Sciences du Goût (CESG) et du Laboratoire Développement et Communication chez les Insectes de l’Université de Bourgogne, sont encore très fondamentaux. « Les applications potentielles au niveau industriel n’apparaissent pas encore clairement. Il est vrai que nous n’en sommes qu’à l’explication du mécanisme », reconnaît Yves Artur. Cela dit, un industriel réputé du secteur des arômes travaille déjà sur cette thématique, preuve de l’intérêt qu’elle représente.

Contact
Yves Artur
Email : yves.artur@u-bourgogne.fr

31/03/08

Source : Agence JFD and Co



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