06 déc. 2012

Et si nous varions nos sources de protéines ?

Les légumineuses : une source alternative et végétale en protéines
Les protéines sont un élément essentiel de notre alimentation, c’est entendu. Mais savez-vous que l’origine des protéines (végétale ou animale) est aujourd’hui en train de devenir un enjeu environnemental et de santé publique ?

Eh oui : dans les pays d’Europe et d’Amérique du Nord, la consommation de protéines végétales est largement inférieure à celle de protéines animales (de 60 à 80% selon les pays). C’est un constat inquiétant pour différentes raisons :

  • Tout d’abord, parce que la population mondiale est en constante augmentation : la demande mondiale en protéines est donc parallèlement croissante. Pour pouvoir y répondre, il est essentiel d’exploiter d’autres ressources que celles d’origine animale.
  • Parce que les protéines animales ont un impact écologique plus important : aujourd’hui, 70 à 75% de la surface végétale de la terre est utilisée pour nourrir les animaux. Un rééquilibrage entre protéines végétales et animales permettrait de réduire l’empreinte écologique.
  • Enfin, pour notre santé : les sources de protéines animales sont sources de certains acides gras saturés et de cholestérol. En revanche, les sources de protéines végétales apportent des nutriments dont la consommation devrait être augmentée (comme par exemple les fibres et du polyphénol).

Le point sur la question avec Stéphane Walrand, membre du comité scientifique du Congrès 2013 et Directeur de Recherche INRA à l’Unité de Nutrition Humaine de Clermont-Ferrand.

M. Walrand, pourquoi privilégions-nous actuellement les protéines animales dans notre alimentation ?

La valeur nutritionnelle de la protéine végétale est inférieure à celle de la protéine animale, car les profils en acides aminés chez les végétaux sont moins bons que chez les animaux.

Rendre les protéines végétales aussi efficaces que les protéines animales, c’est pourtant scientifiquement possible !

Oui, absolument : il est aujourd’hui tout à fait possible de développer des aliments d’origine végétale apportant des protéines de bonne qualité.

Pour augmenter la qualité nutritionnelle des protéines végétales, on peut par exemple agir sur le process : en travaillant sur de nouveaux procédés industriels, nous sommes capables d’augmenter la qualité nutritionnelle des protéines végétales. Par exemple, en associant le blé avec certaines légumineuses au sein d’aliments simples et couramment consommés, comme des pâtes alimentaires, il est possible d’améliorer à la fois le profil en acides aminés et la digestibilité des protéines apportées par cette source… et donc, d’améliorer la qualité nutritionnelle de ces protéines, d’origine végétale. Ce travail a été mené au centre INRA de Montpellier (Valérie Micard).

Quel est le frein, dans ces conditions ?

À ce stade, il est à mon avis essentiellement du côté du consommateur qui, pour des raisons diverses, a peut-être encore du mal à accepter qu’un apport protéique de bonne qualité puisse être possible par le biais d’aliments végétaux.

Les chercheurs essaient actuellement de mieux comprendre les éventuelles réticences du consommateur vis-à-vis des protéines végétales. Par exemple, l’équipe dijonnaise de Pascal Schlich (INRA) étudie couleurs, goûts, textures et sensorialités des pâtes contenant une part de farine de légumineuses.

A terme, l’ensemble de ces travaux de recherche devrait permettre de rééquilibrer les sources protéiques dans notre alimentation, pour arriver à un apport 50% végétal / 50% animal conforme aux objectifs du PNNS.

Un sujet au menu du Congrès Vitagora 2013

Ce sujet vous intéresse ? Nous vous proposons d’approfondir les discussions lors de notre Congrès 2013, en particulier le 20 mars, à l’occasion d’une table ronde animée par Didier Remond (Université de Clermont-Ferrand) et consacrée notamment au sourcing : protéines animales VS végétales.

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