26 mai 2015

Optimiser la qualité, le goût, et le rendement par l’agroécologie : les fraises en pleine symbiose avec les micro-organismes du sol

Fraises et agroécologie. Crédits photo : Pexels.


L’agroécologie est un sujet très tendance. Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, a évoqué, il y a quelques semaines, sa volonté d’inscrire l’agroécologie à l’agenda des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique tout en améliorant la sécurité alimentaire et en augmentant les rendements agricoles (article à lire ici). A l’Expo Universelle de Milan, où nous serons présents du 2 au 15 octobre, le Pavillon français valorise ses ambitions agroécologiques auprès du grand public. De notre côté, au sein de notre réseau d’adhérents, l’agroécologie est un véritable sujet de développement technologique et d’innovation. Exemple : la récente thèse de Nassima Ait Lahmidi, doctorante à l’UMR Agroécologie de Dijon sur les interactions entre fraisiers, champignons, et bactéries pour optimiser, de façon naturelle, le goût et la qualité des produits tout en maintenant une productivité élevée.  Résultat de ses travaux de recherche à lire ci-dessous.

 


Améliorer la qualité globale du fruit et de la récolte

La thèse du Dr Ait Lahmidi, dirigée par le professeur Daniel WIPF, responsable du Pôle Interactions plantes Microorganismes de l’UMR agroécologie de Dijon, s’est déroulée sur trois ans : trois années pendant lesquelles elle a mené des essais sous conditions contrôlées, à l’échelle de la souche, sur l’utilisation de champignons et de bactéries dans la culture du fraisier (ici, la variété Fragaria x ananassa ou « fraisier cultivé »), dans l’objectif de mieux comprendre les interactions existantes pour améliorer la qualité de la plante et optimiser sa production.

Résultats très positifs pour sa recherche : oui, les bactéries et les champignons aident les plants de fraisiers à se développer. Ainsi, les effets sur la croissance et le développement de la plante elle-même sont plus la conséquence du champignon, alors que la qualité du fruit (concentration en sucre, en anthocyanidols (pigments naturels)) tient plutôt à la présence de bactéries.

Champignon, bactérie, plante : la symbiose avant tout !

Derrière sa thématique globale, la thèse de Nassima Ait Lahmidi a permis de poser la question suivante : « Y existe-t-il un effet bénéfique combiné bactéries / champignons sur la fraise et le fraisier ? Si cet effet existe, tient-il plus au champignon ou à la bactérie symbiotique ? ».

Les actions du champignon et à la bactérie étant complémentaires, c’est véritablement le couple « champignon/bactérie » qui aura un impact bénéfique sur la pousse de la plante et la qualité de ses fruits. Et c’est là la grande nouveauté issue de ces travaux. Grâce à de nombreux essais, Nassima Ait Lahmidi a même pu précisément identifier un « couple optimal » pour les fraises dans les conditions de culture testées : le mariage de Rhizophagus irregularis DAOM 197198 (champignon) et Pseudomonas fluorescens Pf4 (bactérie).

Nassima Ait Lahmidi souligne également le rôle non-négligeable de l’environnement : « les conditions de culture jouent bien sûr un rôle prépondérant : si l’on se trouve en culture en plein champs, en culture en condition semi-controlées ou controlées (pots, tunnels…), les résultats seront évidemment différents ».

Des applications concrètes à venir

Se situant parmi les premiers travaux de recherche se penchant véritablement sur l’effet bénéfique combiné micro-organismes / champignons sur la pousse et la qualité de fruits, il n’existe pas encore de souche unique idéale pour en faire bénéficier les producteurs. Cependant, Nassima Ait Lahmidi est optimiste et estime, qu’après les années nécessaires de tests en différentes conditions, une commercialisation de combinaisons adaptées sera envisageable. Une nouvelle qui devrait ravir les producteurs d’inoculas mycorhiziens ou de bactéries mycorhizes et de fraises intéressés dans des solutions durables et respectueuses de l’environnement pour optimiser leurs résultats.

Des contacts sont donc déjà en cours pour développer des applications concrètes issues des résultats de cette thèse. En parallèle, l’UMR Agroécologie va développer des interactions avec le CSGA pour réaliser des tests consommateurs et valider les effets sur la qualité des produits.

Pour aller plus loin

En plus de l’UMR Agroécologie de l’INRA Dijon, notre réseau est décidément riche en acteurs spécialistes de l’agroécologie :  la plateforme GénoSol, la plateforme 4PMI (le nouveau nom de la Plateforme de Phénotypage à Haut Débit), l’UMR Chrono-Environnement de BesançonArtémisle technopôle Agronov, etc… Pour permettre des échanges et susciter des projets dans le domaine au service des produits alimentaires, nous avons invité plusieurs grands comptes de l’industrie agroalimentaire à les rencontrer à l’occasion de notre événement « Appetite for Innovation – Agroecology », les 18 et 19 juin 2015. En savoir plus sur l’événement : http://www.appetite-for-innovation.com/

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