12 janv. 2016

Diversifier votre sourcing en protéines : 4 arguments en faveur des microalgues dans l’agroalimentaire

Algues protéines alimentaires

D’un côté, la population mondiale continue d’augmenter (un milliard et demi de personnes supplémentaires d’ici 2030 selon Bipe/Avril), entrainant une hausse de la demande en protéines sur les 5 continents. D’un autre, sous l’influence des tendances végétarienne ou flexitarienne (régime omnivore limitant la consommation de viande), la consommation de viande se réduit dans les pays occidentalisés (-15% depuis 2003 pour les consommateurs français – Source). Résultat : diversifier le sourcing en protéines est une stratégie à explorer par l’industrie agroalimentaire pour développer sa compétitivité en France et à l’international. Insectes, légumineuses ou microalgues sont autant d’options. Au sein d’Algama, une équipe de jeunes entrepreneurs est convaincue du potentiel des microalgues. Avantages nutritionnels, propriétés texturantes et rhéologiques, suppression des freins organoleptiques, production aisée : découvrez les 4 intérêts techniques des microalgues pour l’agroalimentaire.

Argument n°1 – le potentiel nutritionnel

En ce qui concerne les avantages nutritionnels des microalgues, Mathieu Gonçalves, co-fondateur d’Algama, ne tarit pas d’éloges : « certaines microalgues sont très riches en protéines, de manière naturelle. » La spiruline a ainsi la teneur en protéines de 60 à 70%, contre 40% pour le soja et environ 30% pour le bœuf (selon les morceaux). « Par ailleurs, en tant que protéines végétales, elles sont facilement assimilables par le corps humain : l’absence de cellulose facilitent le travail des enzymes », précise-t-il.


Au-delà de cette richesse en protéines, les microalgues sont également une source intéressante de vitamines et minéraux. Algama présentait par exemple à l’Exposition Universelle de Milan les caractéristiques de la chlorelle : 4 fois plus de potassium que la banane, 15 fois plus de fer que les épinards, 2 fois plus de fibres que les lentilles, et 60 fois plus de caroténoïdes que la carotte. Épatant, non ?

 

Argument n°2 – le potentiel rhéologique

Autre intérêt des microalgues : leurs caractéristiques texturantes et rhéologiques. Algama exploite la chlorelle sous cet axe, en la substituant aux œufs dans la formulation d’un condiment de type mayonnaise. « La chlorelle permet d’émulsionner notre sauce de type mayo qui ne contient en conséquence pas d’œuf et, est allégée en matières grasses. »

La farine de microalgues, constituée notamment de phospholipides et de fibres, permet d’obtenir émulsions, textures crémeuses ou épaissies, tout en réduisant l’ajout de matières grasses ou de protéines végétales. Un potentiel particulièrement intéressant dans un contexte de recherche d’ingrédients « clean-label » : non-allergènes et d’origine naturelle, les microalgues ont de quoi séduire.

Argument n°3 – des freins organoleptiques levés

Produits enrichis à destination des sportifs, des seniors, ou encore des femmes enceintes… Produits de substitution de protéines animales pour végétariens… : je suis sûre que vous regorgez d’idées d’applications. Bonne nouvelle, confirmée par Mathieu Gonçalves : les freins initiaux à l’utilisation des microalgues sont désormais levés.

« Lorsque nous avons lancé Algama, les microalgues étaient surtout confinées au domaine des compléments alimentaires, pour un usage très médicamenteux. Car leur goût et leur odeur ne correspondent à aucun standard (ni européen ni oriental), et leur couleur bleu-vert peut être rebutante pour les consommateurs. Depuis, les technologies se sont développées : on peut extraire des principes actifs et contourner les barrières organoleptiques, ou même camoufler ou améliorer le goût. Explorer leur potentiel dans des produits alimentaires transformés, et non plus seulement des compléments alimentaires, est devenu possible. »

La boisson Springwave d’Algama est justement à base de principes actifs de spiruline. Bien que sa couleur soit bleutée, son parfum est très faible (découvrez ici les réactions des visiteurs de l’Exposition Universelle de Milan lors d’une dégustation – vidéo).

Argument n°4 - une culture accessible et rentable

Last, but not least ! « Chez Algama, nous ne produisons pas directement les algues – mais nous observons le développement d’une filière, en Europe, et à travers le monde ». Deux types de production sont les plus répandus :

  • la culture en bassins ouverts (d’environ 50cm de profondeur, et jusqu’à 30m de long et 4m de large), permettant la circulation de l’eau. Ce type de culture nécessite une alcalinité précise et une température d’eau chaude, ainsi que des intrants pour nourrir les algues. « C’est une production très peu coûteuse en énergie : son rendement énergétique est estimé à 5 fois supérieur à celui du soja… et 50 fois supérieur à celui du bœuf ! »
  • la production par photo-bio réacteurs, qui permettent un meilleur rendement, mais qui est plus coûteuse

« La technologie de la culture des microalgues se développe », précise Mathieu Gonçalves, qui n’est d’ailleurs pas surpris par cet engouement : « il y a de vraies opportunités à saisir ! »

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