02 févr. 2016

5 tendances alimentaires internationales pour 2016

Tendances alimentation 2016

Quelle est la recette du succès dans la conception de nouveaux produits alimentaires ? Réponse : satisfaire le consommateur. Un consommateur dont les habitudes sont en constante évolution. Ces nouveaux comportements, résultats de facteurs multiples (contraintes économiques, gestion du temps, recherche d’équilibre nutritionnel et santé, notamment), supposent, pour les PME agroalimentaires, une forte capacité d’adaptation. Mais encore faut-il savoir vers où aller…

Lu Ann Williams, directrice de l’innovation d’Innova Market Insights, fournisseur de bases de données dans les secteurs des produits alimentaires et des boissons, décrypte pour nous les grandes tendances pour 2016. Il en ressort que bien-être (santé, plaisir et éthique) représente encore et toujours un enjeu majeur : bio, produits « sans » et options « flexitariennes » dominent le palmarès.

Tendance #1 ‘Naturel’ et ‘clean’

Voilà une tendance qui ne se dément pas avec les années. Les produits affichant des mentions « bio » ou « sans OGM » connaissent la plus forte croissance. On remarque que les allégations, dites clean label, « sans additifs » ou « sans conservateurs » sont généralement les plus utilisées.

A noter également le développement de nouveaux ingrédients destinés à susciter l’intérêt des consommateurs. Quelques exemples : des pâtes à la farine de sarrazin, le vaporisateur d’huile de noix de coco ou encore l’infusion à base de feuille d’oliviers. Ces innovations restent souvent le fruit du travail R&D des PME mais les grandes entreprises ne sont pas en reste et proposent notamment des versions bio de leurs produits.

Des opportunités à saisir sur le marché de bio dont en parle dans un article précédent du blog....

Enfin, devant l’engouement des consommateurs pour les méthodes de fabrication authentiques et naturelles, les marques commencent à communiquer davantage sur leurs process. La transformation dite naturelle, tendance en pleine croissance, est sur le point de devenir la norme. Preuve par l’exemple. Les bienfaits reconnus de la transformation de boissons par haute pression a incité un nombre croissant d’entreprises positionnées sur le secteur de la santé à y recourir. Et ce en prenant la peine d’expliciter sur l’emballage un procédé encore méconnu du grand public, notamment par l’expression « Jamais chauffé ». Objectif : se différencier des autres jus disponibles.

Tendance #2 Créer un lien d’authenticité, raconter son histoire

Opération « Retour aux racines » (lire notre étude IPSOS de 2014 pour en savoir plus sur cette tendance) ! Les consommateurs veulent connaître à la fois la provenance et l’histoire des produits qu’ils achètent, gages à leurs yeux d’authenticité. Les marques l’ont bien compris et axent leur communication sur ces éléments. Les mentions « Fabriqué en », « Ingrédients en provenance de » ont triplé entre 2011 et 2015. Le storytelling se place au cœur du marketing.

Citons l’exemple de ces agriculteurs britanniques qui posent en photo sur leur site commun, pommes de terre à la main, pour promouvoir leurs chips « aux arômes typiques » de la région de Lancashire. Ou encore celui de Frais d’ici, un magasin implanté à Chenôve, près de Dijon.

Le lien d’authenticité peut également avoir sa place dans un contexte d’innovation, mais c’est surtout les petits acteurs aux grandes idées qui réussissent le pari en faisant leur trou sur les marchés de niche. De quoi s’en inspirer. Un exemple marquant : le chou frisé. A la mode ces dernières années, il a vu son image de légume idéal profiter aux petites entreprises qui l’ont décliné avec succès à toutes les sauces (salade, boisson, chips) alors que grands groupes mondiaux se montraient plus attentistes, ne lançant que quelques produits à base de chou frisé par an. Un exemple en local qui a retenu notre attention, la PME Happy Crulture implanté à Melun Val de Seine, qui fabrique ses chips de Kale (‘chou frisé’ dans la langue de Shakespeare).

Tendance #3 Les produits « sans » pour tous, y compris sans viande

Dans la quête de bien-être, la nourriture « sans » séduit de plus en plus de consommateurs ne souffrant pas d’allergies ou d’intolérances alimentaires. Ces aliments, devenus aujourd’hui très courants, continuent à évoluer. Les produits « sans gluten » bénéficient, par exemple, d’une gamme élargie par l’introduction de nouvelles céréales dans leur composition. Ainsi, à l’échelle mondiale, pas moins de 20% des produits à base de céréales lancés en 2015 avancent l’argument « sans gluten », soit 1 sur 5 contre 1 sur 15 en 2011.

Des considérations éthiques et écologiques s’ajoutent à celles de la santé pour le nombre croissant de semi-végétariens à travers le monde. Ces ’flexitariens’ ont réduit leur consommation de viande, entrainant le doublement des lancements de substituts entre 2011 et 2014.

Le secteur laitier, toujours très innovateur, s’est engouffré dans la brèche proposant le fromage à griller, par exemple, comme une alternative au steak.

Nous avons présenté les tendances du sans gluten et du flexitarisme dans le N° 1 de notre lettre « Observatoire des Tendances » (réservé aux adhérents de Vitagora).

Tendance #4 Feu vert pour les légumes

De façon logique, si on boude la viande, on s’ouvre aux légumes. Les marques recherchent ainsi de nouvelles opportunités pour offrir aux consommateurs la quantité quotidienne de légumes recommandée. La méthode souvent employée est celle des légumes incorporés dans des produits plaisir comme les glaces ou combinés à des jus de fruits. Au cours du premier semestre 2015 dans l’Europe de l’Ouest, 27% des nouvelles boissons à base de jus de fruits contenaient ainsi un ou plusieurs légumes. Dans le même esprit, des fabricants ont lancé des yaourts aux arômes de carotte, d’avocat, de tomate et même de betterave.

Tendance #5 Le goût - l'excuse du plaisir et la recherche d’expérience

On a beau faire attention à sa santé, un petit plaisir ne fait jamais de mal ! Les consommateurs cherchent des prétextes pour manger des produits pas forcément réputés pour leurs vertus nutritionnelles. Comment se donner bonne conscience ? En choisissant les bonbons ou chips qui vous offrent un alibi santé : probiotiques, micronutiments, protéines, vitamines.

Il y a aussi de plus en plus d’audace, de complexité, d’authenticité dans les arômes et les textures. C’est une véritable expérience que les marques désirent offrir aux consommateurs. Et elles le font savoir en communiquant massivement sur la texture, tantôt « croquante », tantôt « Crémeuse », tantôt « moelleuse ».

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