12 sept. 2016

USA : les comportements alimentaires changent, l’offre doit suivre

Habitudes alimentaires aux USA

Avec 66,3% de personnes en surpoids et 27,7% obèses, les Etats-Unis se placent parmi l’un des pays les plus concernés par l’obésité (ici, la répartition géographique de la prévalence du surpoids à travers le monde).  Pour autant, bien que ces chiffres peinent à diminuer, les consommateurs américains modifient progressivement leurs habitudes alimentaires. Plus de produits sains, moins de sucre, recherche d’authenticité, d’ingrédients naturels… Voici ce qu’il faut savoir du marché alimentaire d’aujourd’hui aux USA pour réussir à toucher une population de mangeurs de plus en plus soucieux de leur nutrition.

Le diététique gagne du terrain

Les Etats-Unis, pays de la malbouffe ? A en croire certains chiffres, plus tant que ça… et tant mieux ! Car aux USA, l’alimentation est tenue pour responsable de plus de 650 000 décès par an, et de 14% des « DALY » (Disability Adjusted Life Years), ces années perdues par rapport à l’espérance de vie en bonne santé initiale (comprendre les « DALY » ici). Une étude récente, menée entre 1999 et 2012, s’est intéressée à l’alimentation de 33 932 Américains de plus de 20 ans, représentatifs de la population. Publiés dans le JAMA Network Journals (source), les résultats de cette étude révèlent une amélioration de plusieurs aspects de leurs régimes alimentaires :

  • augmentation de la consommation de céréales complètes, de noix et de graines,
  • sensible augmentation de la consommation de poisson et de fruits de mer,
  • réduction de la consommation des boissons sucrées,
  • réduction de la consommation de jus de fruit, et augmentation de celle de fruits frais.

Au total, cette étude estime que la part des Américains ayant un mauvais régime alimentaire est passée de 56 à 46%, mais la part de ceux ayant un régime alimentaire idéal reste très faible, même si en hausse (passée de 0,7% à 1,5%).

Pour les professionnels de l’agroalimentaire, ces chiffres évoquent à la fois des opportunités, et des risques s’ils sont négligés. Ainsi, les ventes de jus d’orange ont baissé de 25% aux Etats-Unis entre 2015 et 2016, alors que le marché de l’eau minérale, qui plus est aromatisée ou à base de végétaux, se porte très bien : croissance de 7,9% de la consommation d’eau en bouteille en 2015 (source). Ce qui séduit les Américains dans l’eau minérale : c’est un produit sain, pratique, fiable et sûr d’un point de vue sanitaire. L’eau de coco se distingue particulièrement, avec des ventes multipliées par dix depuis cinq ans.

Ainsi, pour les industriels français intéressés par le marché agroalimentaire américain, il conviendra de prendre en compte ces tendances de consommation : réduire les teneurs en sucre, utiliser des ingrédients naturels et d’origine végétale, notamment.

Terrain fertile pour le bio

Authenticité, valeurs, respect de l’environnement et des producteurs : en 2014, 87% des Américains désirent acheter des produits à l’impact social et environnemental positif… et la majorité d’entre eux est même prête à payer plus cher pour cela (source). L’un des effets de cette recherche d’alimentation éthique et responsable est visible dans la croissance stable du marché du bio : entre 2013 et 2018, les Etats-Unis s’attendent à une augmentation de 14% des ventes de produits biologiques. La demande explose, et plus de 80% des Américains consomment désormais, au moins occasionnellement, des aliments biologiques (source). Alors que les partisans purs et durs du bio et les écologistes résolus représentent 46% des consommateurs de biologiques, il apparaît essentiel pour les industries agroalimentaires de se pencher sur les motivations d’achat afin de continuer à proposer une offre qui correspond aux attentes des consommateurs.

Très récemment, l’acquisition de WhiteWave, producteur de produits laitiers et boissons bio, par Danone révèle l’intérêt que portent les grands groupes aux opportunités que représente le marché de l’alimentation biologique aux Etats-Unis pour l’agroalimentaire français.

Mais un marché toujours marqué par de forts écarts

Malgré ces améliorations dans les habitudes alimentaires, le marché américain reste très disparate, avec des différences marquées selon l’origine ethnique, le niveau d’éducation, et le niveau de revenu, des mangeurs. Ainsi, sans surprise, les blancs non-hispaniques apparaissent comme les plus favorisés, avec une part de consommateurs au régime malsain passant de 54% à 43% entre 1999 et 2012. Au contraire, pour les Américains les plus pauvres, les habitudes alimentaires se seraient même détériorées (source).

Pour aller plus loin

Vous êtes intéressés pour développer votre activité sur des marchés aux USA ? Depuis cet été, nous proposons à nos membres de se préparer aux marchés internationaux grâce à notre lettre New Frontiers in Food. Au sommaire du 1er numéro : le marché américain des nutraceutiques, focus sur l’écosystème biotech de Boston, et culture business aux Etats-Unis. Accédez à New Frontiers in Food no1 ici (réservé aux membres de Vitagora).

Vous pouvez également me contacter en direct sur anne-celine.renaud@vitagora.com

 

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