17 oct. 2017

AgTech : l’élevage aussi est concerné

Troupeau


C’est l’histoire d’une société de solutions informatiques mobiles née dans les années 80 et qui se retrouve aujourd’hui au milieu des brebis du Centre de la France… Elle n’a pourtant pas changé d’activité ! Numérique et élevage : ce mariage surprend encore, malgré le buzz médiatique de l’AgTech (lire également cet article : L’AgTech : derrière l’engouement, quelle réalité ?). Philippe Martins, directeur de projet chez Page Up, nous explique comment une expertise en hardware et software vient aujourd’hui répondre aux besoins des métiers de l’élevage. Un regard « terrain » sur l’évolution du secteur agricole.

La technologie au service des métiers

« Tous les secteurs d’activité sont intéressés par la technologie du numérique : transport, logistiques, santé… mais aussi l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. »

Philippe Martins, directeur de projet chez Page Up, a appris à cerner les besoins de ce secteur d’activité au fur et à mesure des échanges avec ses clients, et suite également à la participation au projet européen GINTAO (Gestion et INteropérabilité de la Traçabilité d'Actions des Objets) coordonné par l’Institut de l’Elevage.

« Remontées des données, stockage de celles-ci, restitution de l’information utile à l’utilisateur grâce aux technologies de business intelligence, planification, synchronisation… : les développements technologiques, en hardware et en software (définitions ici), permettent aux informaticiens que nous sommes de répondre aux besoins de métiers très variés. »

C’est par exemple le cas de la RFID : cette technologie permet une lecture à distance (de quelques centimètres à quelques mètres) et qui autorise la lecture à travers la matière. Elle présente également l’avantage de pouvoir modifié en temps réel l’information disponible. Une technologie sans précédent pour répondre à des besoins de traçabilité agroalimentaire, et ceci, dès l’élevage. Relire ici notre article : Packaging : la traçabilité intelligente, du champ à l’assiette 

La traçabilité alimentaire commence au troupeau 

C’est d’ailleurs dans ce domaine que Page Up a réalisé un premier développement pour l’agriculture : une application de comptage de troupeaux d’ovins. « La législation oblige les éleveurs d’ovins à équiper leurs bêtes d’une puce RFID, et ceci même lorsqu’aucun outil de comptage ou de traçabilité n’est exploité derrière. Notre application apporte une solution simple, mobile, via smartphone, pour compter et suivre son troupeau en temps réel. »

Actuellement testée dans une dizaine de fermes dispersées sur la France entière, cette technologie AgTech fonctionne avec des antennes à déployer au bout d’une ligne imaginaire et une application mobile. « C’est en passant sur cette ligne imaginaire que le troupeau est comptabilisé. »

Résultat : « nous obtenons des retours très satisfaisants, et ceci même dans des conditions difficiles telles que de fortes pluies, des orages, ou lorsque des petits se sont cachés au milieu du troupeau… Quelques soient les conditions, nous sommes toujours dans les normes réglementaires sur le nombre d’animaux à détecter. »

« Rien ne ressemble plus à un poussin qu’un autre poussin »

Un autre développement a été réalisé par Page Up dans le domaine de l’élevage : il s’agit du suivi des courbes de croissance de la volaille. « Les éleveurs de volaille souhaitent évaluer les prises de poids de leurs poussins. Mais rien ne ressemble plus à un poussin qu’un autre poussin ! Comment individualiser les courbes de croissance ? », m’explique Philippe Martins.

Là encore, la puce RFID vient au secours de l’éleveur : elle rend possible l’identification précise de chaque poussin. Reliée à une application numérique et une balance connectée, elle permet de remonter à chaque pesée les données liées au poids du poussin. « Les courbes de poids se calculent directement. »

Un secteur foodtech / agtech en pleine expansion

De très grands changements liés à l’application du numérique aux besoins métiers vont arriver : Philippe Martins en est convaincu.

« Auparavant, l’innovation était tournée vers l’amélioration du produit : en termes de goût, de qualité. Désormais, les consommateurs demandent de plus en plus d’informations. Avec le développement parallèle de l’IOT (internet des objets), la démocratisation des smartphones, les technologies du Big Data, l’innovation se trouve de plus en plus au croisement de la technologie et des applications métiers. »

« Tous les secteurs d’activité, dont le secteur agricole et l’élevage, vont tirer des bénéfices de la technologie numérique. Car en termes de remontées d’information, tout est possible. » Une vision complémentaire à celle de Mathieu Mauny qui nous expliquait dans ce précédent article que « la demande existe, et les besoins sont réels. »

Traçabilité, logistique, distribution, suivi nutritionnel… De l’élevage à l’assiette, en passant par la transformation en usine, toutes les étapes sont concernées par la « Tech ». Des thématiques que nous aborderont, de l’amont à l’aval, lors du Forum Vitagora le 4 avril 2018 : en savoir plus ici.

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