06 mars 2017

Emballages comestibles : mode ou modification durable dans le futur de l’agroalimentaire ?

Emballages comestibles de WikiCells

Plus que jamais, la conscience des consommateurs et des producteurs est à l’anti-gaspi. La loi adoptée le 3 février 2017 place d’ailleurs la France en position pionnière en Europe pour limiter le gaspillage alimentaire du côté des distributeurs. Côté consommateurs, on estime qu’il reste encore 20kg de nourriture jetée par an et par Français, dont 7kg encore sous emballages… Comment les industriels de l’agroalimentaire peuvent-ils agir sur cette production de déchets ? Les emballages comestibles représentent-ils une solution durable ? Simple mode, ou avenir prometteur pour l’innovation en packaging comestible ?

C’est quoi, un emballage comestible ?

Tout d’abord, clarifions une chose essentielle : qu’entend-on par « emballage comestible » ? Selon le magazine New Food n°6 (2016), il s’agit d’une très fine pellicule (habituellement, moins de 0,3 mm) constituée d’un matériau comestible et appliquée à la surface d'un aliment, en plus ou pour se substituer à ses couches protectrices naturelles pour le protéger de la moisissure, de l’oxygène (et donc de l’oxydation), des UVs, etc. afin de prolonger sa durée de vie.

Les matériaux utilisés pour les emballages comestibles sont habituellement : polysaccharides, protéines, lipides et cires. L’industrie et les laboratoires spécialistes en packaging innovent en la matière et de nouvelles matrices voient le jour. Par exemple, l’Université William Howard Taft (USA) a développé une suspension de protéines dans l’eau (voir abstract ici) qui permet d’augmenter la durée de vie des fruits en condition ambiante, grâce à une diminution du taux de respiration cellulaire et d’évaporation de l’eau.

Répondre aux nouvelles attentes des consommateurs

Si les médias relaient les innovations en emballages comestibles auprès des consommateurs, ceux-ci sont pourtant majoritairement invisibles à leurs yeux (les pellicules sur les fruits et légumes en sont le meilleur exemple)… tout comme leurs bénéfices.

La FAO estime que 50% des récoltes mondiales sont perdues au cours de la chaîne agroalimentaire. Fruits, légumes, viandes, poissons, mais également fromages : en limitant leur détérioration, de nombreux aliments pourraient être protégés par les emballages alimentaires dans une démarche de réduction des pertes au cours de la chaîne de transformation agroalimentaire, mais également de conservation de leurs qualités organoleptiques. Un atout à explorer par les industriels.

Quels enjeux pour les industries agroalimentaires et du packaging ?

Du côté de l’innovation packaging, les emballages comestibles semblent très « tendance » depuis quelques années : les fameuses « Wikicells » primées au SIAL 2012, ou plus récemment, les bonbons japonais « Botan Rice Candy » avec leur emballage à base de riz, des tasses comestibles chez KFC ou les tasses à café gaufrées de Tassiopée, une start-up intégrée à la première promo d’AcceleRise, etc.


Pour Romain Lefeuvre, co-fondateur de Wise Pack, une start-up membre de Vitagora et implantée à proximité de Melun, les emballages comestibles représentent un enjeu réel pour l’innovation agroalimentaire et pour les consommateurs : « L’utilisation d’emballages dits comestibles permet au packaging d’acquérir une nouvelle fonctionnalité pour correspondre aux attentes des clients. Le premier enjeu des industriels consiste surtout à offrir aux consommateurs de nouvelles expériences sensorielles, à exploiter de nouvelles technologies et à mettre au point des produits nutritionnels pratiques. Ensuite, il s’agit de proposer aux consommateurs de nouveaux formats afin de diversifier et améliorer le dosage des produits. Les emballages comestibles représente un levier majeur afin de se positionner sur les tendances actuelles et d’y répondre de manière innovante. »

Quel (véritable) avenir pour les emballages comestibles ?

Le magazine New Food (n°6 – 2016) estime que les emballages comestibles n’ont finalement pas vocation à remplacer les emballages traditionnels (et donc, pas de vocation à réduire les déchets des ménages) : il s’agit d’offrir une protection améliorée et d’origine naturelle pour la conservation des aliments.

Vecteur de fonctionnalités agissant sur le bien-être des consommateurs (ils apportent antioxydants, probiotiques, peptides et acides aminés, etc.), et barrières complémentaires lors du stockage et du transport des aliments (moins de moisissure, moins de transfert avec l’environnement, etc.), les emballages comestibles représentent de nombreux atouts pour les aliments tout comme pour les consommateurs eux-mêmes.

Avec des consommateurs de plus en plus conscients de l’impact santé de leur alimentation, protéger les denrées par des barrières naturelles apparait nettement comme une voie d’innovation d’avenir.

Mais attention : puisqu’ils sont comestibles, les professionnels du packaging doivent s’assurer de l’acceptabilité de ces emballages par les consommateurs… ils ne doivent pas modifier le goût et la texture des aliments.

Pour aller plus loin

Garant du cycle de vie et déclic de son achat, l’emballage représente un enjeu essentiel pour les professionnels de l’agroalimentaire. L’innovation en packaging doit répondre aux attentes des consommateurs mais aussi aux nouvelles contraintes du secteur… D’ailleurs, 64% des marques (tous secteurs confondus) travaillent sur le développement de nouveaux packagings, faisant souvent appels à des expertises externes. A Vitagora, nous avons plusieurs projets d’innovation sur les packagings alimentaires… Si votre entreprise travaille dans le domaine et que vous possédez des compétences innovantes sur le sujet, contactez-nous ! Voici mon email : marine.boursier@vitagora.com.

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