07 nov. 2017

L’usine agroalimentaire du futur : à quoi vous attendre ?

 Crédits Photo  : freepik


Dans leur rapport intitulé Accélérer la transformation numérique des PME et groupes agroalimentaires et publié en décembre 2016, VIF, éditeur de logiciels pour l'industrie agroalimentaire, et l’Usine Nouvelle révèlent que 91% des dirigeants de l’industrie agroalimentaire considèrent comme stratégique la transformation numérique (source : rapport, dec. 2016, L’Usine Nouvelle). Ils sont également plus de 60% à constater, grâce au numérique, une amélioration significative de leur performance industrielle. Traçabilité, suivi de la production, suivi énergétique… le numérique apporte des réponses innovantes pour l’efficacité de toute une usine. Verra-t-on bientôt la naissance de l’usine 4.0 ? Et pour quels avantages spécifiques à l’agroalimentaire ? Explications avec Emmanuel Duchesne, Chef de Projets  Informatique Industrielle ATOL BEDI, filiale d'ATOL Conseils & Développements .

L’usine 4.0 : c’est quoi ?

« L’usine 4.0, c’est une usine où tous les organes sont reliés entre eux grâce à la technologie numérique », précise Emmanuel Duchesne. D’ores et déjà, l’usine 3.0 permettait de suivre et d’optimiser par le numérique chaque organe d’une usine… mais ceci de manière individuelle : la traçabilité, la supervision, les ordonnancements, la production, etc. Chacun pris à part.

Grâce au développement d’outils décisionnels qui collectent, traitent et restituent une grande masse de données, il est possible de passer à la vitesse supérieure : depuis deux ou trois ans, l’usine 4.0 assemble et met toutes ces données en interface. « Pour moi, l’usine du futur est une usine interconnectée : connectée à ses collaborateurs, à ses machines de production, à ses prestataires et à son environnement. »

La traçabilité : premier avantage pour l’industrie agroalimentaire

Emmanuel Duchesne le constate : « j’interviens plus souvent dans d’autres secteurs d’activité, comme l’automobile. J’avoue, de mes propres constats, l’agroalimentaire est un peu en retard. »

Pourtant, il n’y a aucun doute sur les avantages de l’usine 4.0 pour le secteur. Pour Emmanuel Duchesne, le premier avantage se situe au niveau de la traçabilité : « Jusqu’à maintenant, on enregistrait des données, mais sans avoir résolu la question de leur traitement. » Que faire de ces données ? Comment les retrouver ? Comment les vérifier ? L’actualité récente l’a prouvé une fois de plus : il existe des failles de traçabilité dans le circuit actuel.

« Les technologies connectées, avec la blockchain notamment, vont permettre de gérer et de restituer des données en temps réel concernant la traçabilité d’un produit alimentaire, depuis le champ de culture des ingrédients jusqu’au rayon du supermarché ».

Un avantage considérable lorsqu’on l’envisage sous le prisme de la confiance des consommateurs : « de telles technologies vont rendre possible l’authentification du produit. Le concept de blockchain repose précisément sur la validation d’une transaction par plusieurs serveurs informatiques, et sans l’intervention d’un tiers : le risque de fraude sera vraiment minime. »

Pour en savoir plus sur la blockchain, lire également notre article : Packaging, la traçabilité intelligente, du champ à l'assiette 

Réactivité et agilité à la clé

« Avec l’usine 4.0, il s’agit de transformer son usine en profondeur pour gagner en agilité », complète Emmanuel Duchesne. « Tous les métiers sont touchés : la production, la maintenance, mais aussi la qualité, la logistique, les ressources humaines…Car chaque composante de l’entreprise va se connecter aux autres. »

Ainsi, en mutualisant les données d’un outil décisionnel connecté aux processus de production, une entreprise devient capable d’adapter en temps réel sa production à la demande : pilotage des lignes à distance, liaison automatique du stock et des ordonnancements, contrôles qualité automatisés grâce à des capteurs, anticipation des besoins en termes RH mais aussi en termes énergétiques.

L’intérêt ? Réactivité et agilité bien sûr, mais aussi limitation de la marge d’erreurs envers le client, réduction des délais pour les clients (car tout se fait en temps réel)… jusqu’à des bénéfices en terme de dépenses énergétiques pour l’entreprise.

Emmanuel Duchesne nous explique : « Si l’outil me permet de savoir que mon usine tournera de telle à telle heure, il calculera également à quelle heure je peux éteindre toutes les lumières sans impacter la remise en marche à venir. »

D’où la nécessité de réfléchir de manière globale à la mise en place de l’usine 4.0 : une décision stratégique qui impacte l’efficacité globale de l’entreprise, au-delà de la production.

 

Pour aller plus loin

La révolution technologique y compris l’industrie 4.0 remet en cause le modèle économique des acteurs IAA. Quels sont les facteurs à l’origine des signaux faibles bouleversant l’industrie agroalimentaire ? Quels sont les nouveaux business model permettant aux acteurs IAA d’évoluer ?  Apprenez-en plus sur le sujet dans notre dossier de prospective bientôt disponible (courant décembre) et n’hésitez pas à me contacter dès maintenant pour le réserver : chanmony.loeng@vitagora.com.


Egalement sur le sujet, vous pouvez également lire notre article « Packaging : la traçabilité intelligente, du champ à l’assiette ». Pour nos adhérents, consultez ici notre dossier FOCUS « Robotique et assistance à la décision ».

« Révolution numérique et mutation des entreprises agroalimentaires. Restez compétitifs ! » Notez la date du prochain Forum Vitagora qui traitera des mutations à engager dans le secteur agroalimentaire.

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