10 sept. 2018

L’importance de la veille pour votre entreprise agroalimentaire : les 5 conseils pratiques de notre experte

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Pratique indispensable à entreprise (grand groupe, PME ou start-up) de tous secteurs, et notamment dans l’agroalimentaire, la veille constitue l’un des fondements de votre stratégie d’amélioration continue.

Veille concurrentielle, veille juridique, veille technologique, etc. Les typologies de veille sont nombreuses et répondent à des enjeux et avantages bien précis pour l’entreprise. Mais comment réaliser une veille efficace dans votre entreprise agroalimentaire ? Notre experte : Anne-Laure Marchand, chargée d’intelligence économique à Vitagora, vous donne cinq conseils pratiques pour instaurer et assurer une veille optimale dans votre entreprise.

Conseil #1 : ne sous-estimez pas la concurrence et faites une veille (véritablement) objective

Une méthode de veille objective vous évitera d’éviter les écueils du type : « nous n’avons pas de concurrent car ce que nous faisons est innovant. »
« Avant de se lancer, beaucoup d’entreprises innovantes pensent n’avoir aucun concurrent. La veille vous apprendra une première chose, indispensable à votre viabilité : non, vous n’êtes pas seuls. »

Pour Anne-Laure, la veille doit servir en premier lieu au lancement de votre activité : définition de votre business model, évaluation de votre potentiel marché, orientation du positionnement et de l’identité de la marque, etc. Pour tout ceci, il est indispensable d’analyser votre concurrence.

« Un produit ou un service viennent en réponse à un besoin d’utilisateur. Vous pensez ne pas avoir de concurrent parce que votre produit est nouveau ? Détrompez-vous : l’utilisateur, avant de connaitre votre produit, avait déjà une autre solution face à ce besoin. »
Cette solution (parfois même bien éloignée de la vôtre) représente également votre concurrent – c’est ce qu’on appelle la concurrence indirecte. La SNCF est par exemple un concurrent indirect de Blablacar. Le marché communal est un concurrent indirect de votre box de livraison de produits alimentaires bio. Le jus d’orange est un concurrent indirect de votre boisson stimulante aux super-aliments.

« Ce n’est pas toujours évident à entendre (entre nous, pourtant, mieux vaut avoir des concurrents : c’est aussi la preuve que votre idée est pertinente et viable !) : c’est pour cela que faire une veille méthodique, en utilisant notamment le mapping de positionnement concurrentiel avec des critères objectifs, est essentiel », confirme Anne-Laure.

Conseil #2 : réalisez une veille assidue et continue

 La veille, indispensable au démarrage d’un projet de création d’entreprise, doit être assurée continuellement.
« La veille ne doit jamais s’arrêter », explique Anne-Laure. « Car l’environnement d’une entreprise, même si celle-ci est positionnée sur un secteur plutôt traditionnel, est en évolution permanente : 

  • Les concurrents changent. Par exemple, quelques années après un engouement pour une nouveauté, il est fréquent de voir d’autres entreprises développer le même type d’offre.
  • Vos clients changent. « C’est d’autant plus vrai dans l’alimentaire, où les tendances et les enjeux en termes de développement produits vont très vite ! », détaille Anne-Laure en pensant au sans-gluten, au vegan, etc. Ces tendances sont apparues il y a moins de trois ans en France et influencent déjà fortement les attentes des consommateurs et des producteurs.
  • Votre marché change. Peut-être allez-vous diversifier vos gammes de produits ? Ouvrir votre abonnement à une autre localité ? Déployer vos ventes à l’international ?

« Dans tous les cas, à chaque étape du développement de l’entreprise, la veille viendra confirmer ou infirmer vos hypothèses – ce qui vous évitera de subir les dégâts de mauvais choix. »

Conseil #3 : priorisez et externalisez

« La veille prend du temps », explique Anne-Laure. « D’une part, parce qu’il s’agit de tout scruter, de tout lire. D’autre part, car le monde ne s’arrêtera pas d’évoluer une fois votre dossier de veille bouclé, et qu’il vous faudra donc recommencer quelques mois plus tard. »

Comment s’y retrouver ? Anne-Laure n’a qu’un conseil à vous donner : « priorisez ! »

« Ciblez les types de veille que vous souhaitez à tout prix réaliser : veille concurrentielle, bien entendu. Mais également veille juridique ? Ou veille technologique ? Ou encore commerciale ? », détaille-t-elle. « Ensuite, priorisez vos outils. Il existe de nombreux outils de veille gratuit, et les événements (colloques, salons, rencontres d’affaires, etc.) sont également une source de veille très riche. Mais l’on ne peut pas être partout à la fois. Enfin, n’hésitez pas à faire appel à des professionnels pour externaliser ce qui reste. »

Vitagora propose à ses adhérents un service d’accompagnement à la veille « C’est l’opportunité non seulement de dégager du temps pour vos tâches prioritaires, mais également de bénéficier d’outils de veille performants, et de compétences d’experts », précise Anne-Laure.

Conseil #4 : responsabilisez votre « veilleur stratégique » en interne

Bien évidemment, toutes les entreprises ne peuvent pas se permettre de s’offrir les services un « veilleur stratégique » dans leur équipe. C’est notamment vrai pour les PME où le luxe de s’offrir un chargé de veille est très rare !
Malgré cela, Anne-Laure vous conseille vivement de responsabiliser un de vos collaborateurs sur la veille. Cela permet d’organiser votre veille dans l’espace (puisque, comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent, celle-ci devrait déjà être organisée dans le temps) : responsabiliser une personne permet de centraliser les actions de veille afin de remonter ou de descendre aux autres collaborateurs de votre entreprise les informations qui leur sont pertinentes.


« L’une des difficultés de la veille », explique Anne-Laure, « c’est de la rendre actionnable : aller au-delà de la curiosité intellectuelle, et la mettre au service de la prise de décision. C’est en responsabilisant une personne sur cette mission que vous le pourrez : car cette personne ne se contentera pas de lire des articles trouvés ici et là, mais pensera « objectifs » et « actions pour l’entreprise ». »

Conseil #5 : réalisez une veille subtile

Faire de la veille est une pratique non seulement légale mais également fortement conseillée. Cependant, et même si celle-ci ne s’apparente pas à de l’espionnage, il est fortement conseillé de la réaliser de manière… discrète.

« Veillez à ne pas être trop visibles ! », conseille Anne-Laure. « S’inscrire au site web de son concurrent pour étudier ses pratiques en termes d’abonnement mailings, par exemple, risque de ne pas être discret. Privilégiez dans ce cas, a minima, une adresse personnelle. A moins, bien entendu, que vous ne vouliez rendre évident le fait que vous étudiez ce concurrent. »

Pour en savoir plus

Vous souhaitez en savoir plus sur votre écosystème ? mieux connaître vos concurrents ? savoir où en est la recherche dans votre domaine ? En tant qu’adhérent Vitagora, vous bénéficiez des services de veille stratégique assurés par Anne-Laure, notre chargée d’intelligence économique. Contactez Anne-Laure en direct par e-mail : anne-laure.marchand@vitagora.com

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