31 juil. 2018

Collaboration et compétitivité : ce que le judo m’a appris

Crédits photo : www.unsplash.com

A l’heure où l’on parle d’open innovation, de design thinking, ou encore d’intrapreneuriat, je suis retombé sur les résultats d’une étude réalisée ce printemps par FABERNOVEL et BAP traitant de la capacité des entreprises à collaborer afin de rester compétitives. Si la collaboration est hautement estimée au sein d’une entreprise (80% des personnes interrogées estiment que le travail en équipe est plus bénéfique à leur entreprise que le travail individuel), elle est rarement jugée suffisante : 54% estiment que les occasions de collaborer ne sont pas suffisantes (et souhaiteraient en avoir plus).


Mon avis est évidemment que la collaboration est la clé de votre compétitivité et de votre capacité à innover dans l’agroalimentaire, et qu’il faut la favoriser. Que ce soit une collaboration intrinsèque à votre entreprise, ou également une collaboration tournée vers l’extérieur. Pas convaincu ? Laissez-moi vous le prouver…

Seul, on ne progresse pas

A l’âge de 11 ans, j’ai commencé le judo. Cela fait plus de 30 ans que je pratique ce sport. Le judo transmet des valeurs fortes : le respect, le courage, l’honneur. C’est un sport de compétition, individuel, qui pousse à se surpasser. Le judo m’a beaucoup appris.

 

Lorsque l’on s’entraine, notamment pour préparer les compétitions, il faut apprendre de nouvelles techniques, de nouveaux mouvements, formuler des tactiques d’approche et anticiper les parades de son adversaire. Il faut les pratiquer, les tester, les adapter, pour améliorer sa vitesse d’exécution, la précision de ses gestes et atteindre son objectif : marquer un Ippon (victoire immédiate).

Maîtriser ces techniques prend du temps, mais avant tout, cela nécessite une chose : un partenaire.

 

Au fil des années, j’ai partagé de nombreux entraînements avec le même adversaire. Au fur et à mesure des combats, nous avons appris à nous connaitre : lui, me connait – mes forces et mes faiblesses ; moi, je le connais – ses forces et ses faiblesses. Est-il toujours mon adversaire… Est-il devenu mon partenaire ? Nos entraînements et nos combats nous permettent de nous tirer vers le haut, de nous enrichir mutuellement de l’intelligence et de l’expérience de l’autre, de nous donner envie de constamment nous surpasser.

 

Vous allez me dire : quel rapport entre mes entraînements de judoka et ce blog traitant de l’innovation collaborative dans l’agroalimentaire ? Il ne s’agit pas de vous inciter à prendre votre carte de club à la rentrée, ni d’y inscrire vos enfants. Je veux simplement vous prouver que, même dans une compétition (voire même, d'autant plus, dans la compétition), vous avez besoin de partenaires. Que ce soit dans le judo, ou dans les affaires.

 

En tant que directeur de Vitagora, j’ai rencontré des personnes perplexes, voire même sceptiques, sur la pertinence du collaboratif. Même, parfois, parmi des innovateurs !  Evidemment, je suis convaincu qu’une entreprise seule et isolée ne peut pas parvenir à rester compétitive. Eric Grandjean, du centre oenologique de Bourgogne « COEB » expliquait justement dans cet article toute la pertinence du collaboratif pour innover, malgré les réticences qu’une petite entreprise a parfois  : « Nous sommes une petite structure, et le monde du projet d’innovation collaboratif aurait pu nous impressionner. Mais lorsque le besoin de monter un projet d’innovation tel que LELISTA s’est présenté à nous, pour lever des freins techniques (notamment en raison de manque de connaissances en microbiologie), nous nous sommes tournés vers Vitagora ».

 

En s’ouvrant à des partenaires, une entreprise se rend capable de confronter ses idées, de les enrichir, de progresser plus vite et plus loin. Dans cet article, ma collaboratrice Claire revient sur l’importance de s’ouvrir aux autres dans une activité d’innovation : pour tester son idée, pour obtenir la caution d’experts, ou encore enrichir son projet par exemple.  Cela ne veut pas dire livrer ses secrets, ni oublier ses intérêts au profit de ceux de l’autre. Cela veut dire tirer bénéfice de l’intelligence collective pour gagner en compétitivité.


Dans l’innovation agroalimentaire, ce partenaire, c’est nous.

 

Peut-être, qu’au final, il faudrait prendre votre carte du club

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