06 nov. 2018

SIAL 2018 : l’avenir de la FoodTech se joue dans la science

Crédit photos : www.burst.shopify.com

 

Le SIAL 2018 a été l’occasion de prendre la mesure de l’importance des innovations FoodTech dans l’agroalimentaire. Produits et ingrédients novateurs, solutions connectées… les start-ups fourmillent d’idées pour l’alimentation de demain. A cette occasion, nous avons participé au lancement du 1er rapport : FoodTech en Europe (accéder au rapport ici), aux côtés de nos partenaires DigitalFoodLab, Sopexa, Eutopia et la CCI Ile-de-France. Si les innovations FoodTech ont fait couler beaucoup d’encre pendant le SIAL, ce rapport apporte un éclairage de fonds sur les forces et faiblesses du secteur en Europe. Analyse croisée…

L’innovation de rupture FoodTech au cœur de la Food Science

Cette année, les stars du SIAL ont bien souvent été des start-ups, à l’origine de solutions innovantes pour réduire l’empreinte environnementale de la production et transformation alimentaire et pour contribuer à une cuisine fait-maison, intelligente et saine.

Malgré l’image de la FoodTech véhiculée le plus souvent dans les médias, ce secteur ne se résume pas qu’aux applications mobiles ou aux solutions de livraison de repas prêts à consommer : innovations en AgTech, matières premières innovantes, solutions pour industriels de l’agroalimentaire et de la restauration… nous voyons chaque jour tout un éventail de projets sur l’ensemble de la chaîne de valeur alimentaire chez les start-ups que nous accompagnons dans ToasterLAB .

Dans les différents volets de la FoodTech, il y a un domaine qui détient pour moi le vrai potentiel à créer des innovations de rupture pour l’agroalimentaire  : la Food Science.
Derrière cette étiquette se retrouvent des projets qui mettent la science et la technologie au service d’une innovation d’ingrédients, de procédés et de recettes, souvent menés par de jeunes chercheurs ou ingénieurs. Je pense, par exemple, à deux start-ups, adhérentes chez Vitagora : Algama qui propose des produits alimentaires sains à base de microalgues, comme une « mayonnaise » sans œuf, et Green Spot, une start-up néozélandaise accompagnée par ToasterLAB qui a mis au point une gamme de farines fermentées ayant peu de glucides, matières grasses et sucres, mais riches en protéines et fibres.

Aux USA (et en particulier en Californie) nous assistons même à l’essor de pépites proposant des aliments qui auraient toute leur place dans un roman de science-fiction. A l’instar de Beyond Meat, qui a pu reconstituer la molécule d’hème pour produire des « steaks » sans animal, grâce à leur décryptage informatique de codes génétiques, ou bien Just Inc., qui part à l’assaut des marchés de produits sans ingrédients d’origine animale.

Pourtant, en Europe, alors que la FoodScience représente presque 20% des start-ups actives de la FoodTech, elle ne représente que 3% des investissements (accéder à toutes les données dans le rapport FoodTech en Europe à télécharger ici. Sommes-nous en train de passer à côté des innovateurs de rupture de la FoodTech ?

L’Europe : un terrain fertile pour la FoodTech

Avec 4,2 milliards d’euros investis en 999 levées de fonds entre 2014 et 2018, la FoodTech est un secteur en plein développement qui pourrait être extrêmement profitable pour l’Europe.

Matthieu Vincent, co-fondateur de DigitalFoodLab en est convaincu : « la FoodTech est un enjeu et une opportunité pour l’Europe : un enjeu de souveraineté alimentaire et une opportunité de développement économique dans un écosystème mêlant technologie et savoir-faire ».

Aujourd’hui, il se crée près d’une start-up FoodTech par jour en Europe : un nombre en progression constante de 20% par an depuis 2014, preuve, s’il en était besoin, que la FoodTech continue à attirer de plus en plus d’entrepreneurs.

Sur cette période, la FoodTech européenne a attiré 434 levées supérieures à 500 000 euros dont 33 de plus de 20 millions d’euros. A ce jeu du tour de table, ce sont le Royaume-Uni et l’Allemagne qui tirent leur épingle du jeu. Trois start-ups concentrent 60% des investissements : les Allemands Delivery Hero et Hello Fresh et l’Anglais Deliveroo.

La France, championne des investissements en Food Science

Contrairement à ses voisins européens, on ne voit pas en France de grosses levées de fonds mais beaucoup de petites levées de fond dans un grand nombre de start-ups (341 levées de fonds en France contre 64 en Allemagne) et donc une quasi absence de start-ups de l’envergure de Deliveroo.

Pour Matthieu Vincent, cette situation s’explique par « les nombreux rachats de startups françaises avant qu’elles ne soient matures donne une partie de l’explication du paradoxe français : beaucoup de levées sur des montants moyens mais une absence de champion de dimension internationale » (source). Un éclairage que Matthieu a donné de vive voix lors de l’émission sur SIAL TV – à revoir ici

En France, la FoodScience, le secteur d’avenir à mes yeux que j’ai évoqué ci-dessous, représente malgré tout 11% des investissements en FoodTech : c’est en fait l’un des pays européens qui investit le plus dans cette catégorie !

C’est une nouvelle très encourageante, signe du développement d’une véritable culture de l’entrepreneuriat, et révélateur des ponts que nous réussissons à créer entre les domaines scientifiques et la création de start-ups : d’ailleurs, dans chacune des promotions de ToasterLAB, nous avons accompagné des chercheurs devenus entrepreneurs. Car comme je l’ai évoqué sur SIAL TV à l’occasion du lancement de ce rapport FoodTech en Europe (revoir la vidéo ici), je suis convaincu que c’est dans la FoodScience que se joue l’innovation FoodTech de demain et la compétitivité de la France.

Retour sur le SIAL en images

Vitagora était présent au SIAL du 22 au 25 octobre derniers. Notre présence, en collaboration avec JustDijon et l’AER Bourgogne-Franche-Comté, a été animée par de nombreux temps forts, visites officielles, et remises de prix : voir notre album photos sur Facebook. Revoir l’émission de SIAL TV pour le lancement du 1er rapport sur la FoodTech en Europe sur YouTube ici.

 

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