28 mai 2019

Le bien-être animal : une tendance qui pousse les producteurs à innover

 

Le bien-être animal est au cœur des préoccupations des consommateurs : 85% des Français se disent prêts à consommer moins de viande et la payer plus cher si celle-ci provient d’élevages respectueux du bien-être animal (ONG CIWF France avec l’Ifop). Comment les acteurs de la filière animale voient évoluer leur métier ? Quelle est la place du bien-être animal dans le quotidien des acteurs de la filière ? Quelles solutions pour mesurer et valoriser le bien-être animal dans les produits alimentaires ?

Une prise de conscience croissante

La volonté des consommateurs d’orienter leurs choix de consommation en prenant en compte le bien-être des animaux s’affiche avant tout dans l’émergence et l’essor de la tendance du flexitarisme. Environ 28% des Français, selon 3W.relevanC, deux entités du groupe Casino, et OpinionWay seraient adeptes de ce mode de consommation consistant à réduire de l’alimentation l’apport de protéines animales et augmenter les protéines d’origine végétale, sans pour autant supprimer la viande.

 

Un autre impact de cette tendance, et plus globalement de la recherche d’une consommation éthique, est la demande de la part des consommateurs de plus de transparence dans leur consommation quotidienne pour les aider à orienter leurs choix d’achats. 85% des Français se disent effectivement prêts à consommer moins de viande et être également prêts à la payer plus cher si celle-ci provient d’élevages respectueux du bien-être animal. (Source : ONG CIWF France avec l’Ifop).

Des initiatives – individuelles, gouvernement et interprofession

Si on revient sur la question de ce que c’est le bien-être animal… selon l’Organisation Mondiale de la Santé animale (OIE) organisation intergouvernementale chargée d'améliorer la santé animale dans le monde, et dont les normes sont reconnues comme références mondiales par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), dans 182 pays membres le bien-être animal passe par 5 libertés auxquelles l’animal doit avoir droit :

  • Ne pas souffrir de faim ou de soif,
  • Ne pas souffrir d’inconfort,
  • Ne pas souffrir de blessures ou de maladies,
  • Pouvoir exprimer des comportements propres à l’espèce,
  • Ne pas ressentir de peur ou de détresse.

La majeure partie des consommateurs ont pourtant peu d’opportunités d’évaluer l’adhérence des éleveurs à ces normes, ou sinon ont l’esprit marqué par des reportages choc montrant des dérives importantes.

 

Dans ce contexte, une communication efficace de la part de certains acteurs autour de la mise en place d’évolutions de traitement des animaux a engendré une réelle volonté chez le consommateur de considérer le bien-être animalier au quotidien. Comme nous le montre l’exemple de Louis-Marie Pasquier, éleveur de volailles, qui a investi pour fournir à son élevage un local adapté aux besoins de ses animaux et leur permettant une liberté d’accès à l’extérieur. Cet éleveur a été sollicité pour intervenir en tant que porte-parole de la filière dinde sur l’émission « Objectif Top Chef » sur M6 en novembre 2018.

 

Une stratégie actuellement engagée par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (à découvrir ici) a pour objectif de placer « le bien-être animal au cœur d’une activité durable » en responsabilisant tous les acteurs en contact avec les animaux (éleveurs, vétérinaires, transporteurs, techniciens d’élevages, employés d’abattoir…). Pour assurer sa réussite, un plan d’action est mis en œuvre et se compose de différents axes.

 

Afin de faciliter l’application de ce plan et la mesure des résultats sur les animaux, le CNIEL et INTERBEV ont travaillé conjointement sur la création d’une charte de bonnes pratiques en élevage. Celle-ci permet d’obtenir une base commune d’indicateurs, mesurables sur l’animal, permettant d’apprécier de manière objective le bien-être animal et d’identifier les progrès à effectuer. Cette charte a été construite afin de répondre aux principes de l’OIE et aux 5 libertés de l’animal.

Des labels, repères pour les consommateurs

Il apparaît, selon le sondage du projet CASDAR ACCEPT 2014-2017, que 96% des Français sont favorables à un étiquetage des viandes et des produits laitiers selon le mode d’élevage

 

Surfant sur cette tendance, la PME Obione, spécialiste de la nutrition animale et adhérente de Vitagora, a développé une démarche permettant de mesurer le bon traitement des animaux d’élevage : le label Happy. La démarche est basée sur la mesure de 200 indicateurs (comportement des animaux entre eux, envers l’éleveur, état physique…). L’éleveur doit répondre de manière satisfaisante à 90% des questions pour obtenir le label Happy. Le label Happy communique sur leur démarche grâce à des étiquettes à apposer aux produits (lait, fromage, yaourt, crème, beurre et steak) mais également des panneaux pour les fermes.

 

De son côté, l’enseigne Casino qui a mis en place, en partenariat avec CIWF France et deux organisations de protection animale, une étiquette permettant de se repérer sur les conditions de vie de l’animal grâce à différents niveaux (A, B, C ou D) (en savoir plus sur ce lien).

Valoriser le bien-être animal, une opportunité de différenciation

Ces initiatives encouragent le consommateur à se responsabiliser lors de leur acte d’achat. Renforçant l’effet des initiatives de la part des autorités et des interprofessions, c’est aussi l’occasion d’inciter les éleveurs à améliorer leur mode d’élevage, d’abattage mais également de transport des animaux.

 

Pour autant, cette pratique de transparence sur le bien-être animal tout au long de l’élevage reste encore marginale car non-obligatoire. Par conséquent, la valorisation du bien-être animal auprès des consommateurs reste un fort axe de différenciation pour les acteurs prêts à s’investir dans la démarche.

Pour aller plus loin

La question du bien-être animal vous intéresse ? Téléchargez l’Observatoire de Tendances pour en savoir plus (L’Observatoire des Tendances est une publication de Vitagora réservée à ses adhérents).

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