25 févr. 2020

Vitawatch de février : votre veille agroalimentaire scientifique

Alimentation et santé, comportements des consommateurs, sécurité alimentaire, agriculture durable : que retenir des derniers travaux de la recherche, à travers le monde, dans les domaines de l'alimentaire ?

 

Des boissons pour contrôler le niveau de sucre dans le sang, une analyse détaillée du microbiote, les données satellites pour améliorer les rendements agricoles en Afrique, l'influence des réseaux sociaux sur l’alimentation... la recherche est sur tous les fronts au services de l'innovation agroalimentaire.

 

Faites votre veille scientifique au service de votre innovation avec notre sélection « Vitawatch » de ce mois de février.

ALIMENTATION ET SANTE

Des boissons supplémentées en cétones, efficaces pour contrôler le niveau de sucre dans le sang

Dans une étude publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition, Jonathan Little, professeur associé à l’UBC Okanagan School of Health and Exercise Sciences, a examiné la façon dont les suppléments de cétone peuvent affecter le taux de sucre dans le sang.

 

Les cétones sont des molécules produites par le foie à partir des acides gras pendant les périodes de faible apport alimentaire, de régimes glucidiques restrictifs, ou encore d’exercices intenses.

 

Pour mener l’expérience, 15 personnes ont consommé une boisson contenant des suppléments de cétones, puis, après 30 minutes, une autre boisson contenant 75 grammes de sucre. « Il s’avère que la boisson supplémentée en cétone permettait aux participants de mieux contrôler leur niveau de sucre dans le sang sans modification de l’insuline »,  dit-il.

 

Cette étude est la première à analyser les effets des boissons supplémentées en cétones hors du cadre sportif. Ces conclusions pourraient faire de ces boissons des traitements potentiels des diabètes de type 2.

 

Source : The American Journal of Nutrition 

Le sucre modifie le cerveau d’une manière similaire aux drogues

Afin de tenter d’expliquer en partie les causes de l’obésité, qui touche de nos jours 5% de la population mondiale, les chercheurs du Department of Clinical Medicine (Aarhus University) ont voulu vérifier l’hypothèse selon laquelle le saccharose agissait sur le cerveau de la même manière que les drogues.

 

Pour les besoins de l’expérience, sept porcs ont consommé quotidiennement deux litres d’eau sucrée, pendant douze jours. Après avoir comparé les images des cerveaux des porcs au début et à la fin de la période de test, les chercheurs ont pu déterminer que les « résultats démontrent clairement que le saccharose affecte les mécanismes de récompense de manière similaire à celle des drogues addictives », expliquent les experts. Les récepteurs contrôlant les opioïdes et la dopamine ont ainsi été modifiés dans le cerveau, entrainant des effets sur les mécanismes cérébraux de récompense et de plaisir.

 

Selon cette étude, le changement peut être rapide et dangereux. « Si le sucre peut changer le système de récompense du cerveau après seulement douze jours, comme nous l’avons vu dans le cas des porcs, vous pouvez imaginer que les stimuli naturels, tels que l’apprentissage ou l’interaction sociale, passent à l’arrière-plan et sont remplacés par du sucre et / ou d’autres stimuli « artificiels» . Nous recherchons tous l’élan de la dopamine et si quelque chose nous donne un coup de boost, alors c’est ce que nous choisissons » , explique l’auteur principal de l’étude, le professeur Michael Winterdahl.

 

Source : Scientific Reports

Comprendre le microbiote, cellule par cellule

Publiée dans la revue Microbiome, l’étude de l’équipe de l’Université Waseda (Japon) présente une nouvelle technique de séquençage génomique permettant d’explorer le microbiote intestinal avec un niveau de précision inégalé, au niveau cellulaire et cellule par cellule.

 

Ces travaux devraient permettre de mieux comprendre comment favoriser la croissance des micro-organismes bénéfiques, en particulier par l’apport alimentaire de certaines formes de fibres, telles que l'inuline. De précédentes études ont montré qu'un des moyens de favoriser la croissance de ces micro-organismes bénéfiques, et donc de maintenir un équilibre sain au sein de notre microbiote, consistait à ajouter certaines formes de fibres à notre alimentation. Cependant, il était jusque-là impossible d’identifier précisément comment chaque type de bactéries répondait aux fibres alimentaires.

 

La nouvelle plateforme du laboratoire japonais dite « de génome amplifié unicellulaire » le permet via l’obtention de chaque génome bactérien séparément et la caractérisation des bactéries qui accomplissent des fonctions spécifiques dans le microbiote, telles que  la fermentation des fibres ingérées.

 

A noter que la technique est applicable aux bactéries de notre microbiote intestinal mais peut aussi être utilisée pour analyser d’autres écosystèmes bactériens, en étudiant par exemple les microorganismes de l'océan ou du sol. Les chercheurs espèrent transférer ces recherches au profit de diverses applications, en médecine mais aussi dans l'industrie, toujours dans un objectif d'amélioration de la santé humaine.

 

Source : Microbiome

COMPORTEMENT DES CONSOMMATEURS

La texture des aliments influe sur la perception de leurs bénéfices santé présumés

Une nouvelle étude, menée par le Dr Cathrine Jansson-Boyd, spécialiste de la psychologie des consommateurs à Anglia Ruskin University, examine comment l’apparence d’un produit peut influencer les perceptions des consommateurs. Pour cela l’étude a été menée en proposant à la dégustation six biscuits différant par leurs textures de surface.

 

Les participants à l’expérience ont dus observer différents biscuits à l’avoine, dont la surface était soit lisse, soit intermédiaire, soit rugueuse. Ils ont ainsi évalué ces biscuits en fonction de l’effet « bénéfique pour la santé » perçu. Ils les ont ensuite notés en fonction du goût, du croquant et de la texture en bouche perçus.

 

Les participants ont estimé que les biscuits à texture rugueuse étaient plus sains. Toutefois, les biscuits à la surface lisse ont été perçus comme étant plus savoureux et plus croquants, et donc plus susceptibles d’être achetés.

 

Dans l’étude, publiée dans Food Quality and Preference, les chercheurs concluent sur une relation inverse entre la santé et le goût. Il semblerait en effet que plus le goût perçu est positif, plus les attentes en matière de santé diminuent.

 

« Alors que l'Organisation Mondiale de la Santé déclare qu'il existe une épidémie d'obésité, il est essentiel de réfléchir à des moyens d'encourager l'amélioration des habitudes alimentaires. Nos recherches fournissent un bon point de départ pour promouvoir des produits alimentaires plus sains », déclare Cathrine Jansson-Boyd.

 

Source : Food Quality and Preference  

Les réseaux sociaux influencent les comportements alimentaires

Selon des chercheurs de l'université d'Aston (Royaume-Uni), les utilisateurs des réseaux sociaux sont influencés par les comportements alimentaires de leur cercle social.

 

Dans le cadre d’une étude, plus de 360 étudiants ont dû estimer la quantité de fruits, de légumes, de collations « à forte teneur énergétique » et de boissons sucrées que leurs amis sur Facebook consomment quotidiennement. Ces résultats ont ensuite été analysés en parallèle des habitudes alimentaires réelles des participants. Les résultats ont alors montré que ceux qui estimaient que leur cercle social « approuvait » la consommation de malbouffe en consommaient beaucoup plus eux-mêmes. En revanche, ceux qui estimaient que leurs amis avaient une alimentation saine consommaient davantage de fruits et de légumes.

 

« Cette étude suggère que nous pouvons être influencés par nos relations sociales plus que nous n’en sommes conscients lorsque nous choisissons certains aliments. Nous semblons tenir compte inconsciemment de la façon dont les autres se comportent lorsque nous faisons nos propres choix alimentaires », a déclaré Lily Hawkins, doctorante en psychologie de la santé. « Donc, si nous croyons que nos amis mangent beaucoup de fruits et légumes, nous sommes plus susceptibles de manger des fruits et légumes nous-mêmes. D'un autre côté, si nous pensons qu'ils sont heureux de consommer beaucoup d'en-cas et de boissons sucrées, cela peut nous donner une “licence de surconsommation” d'aliments qui sont mauvais pour la santé. Cela implique que nous pouvons utiliser les réseaux sociaux comme un outil pour nous encourager mutuellement dans notre comportement alimentaire au sein de groupes d'amis, et éventuellement utiliser ces connaissances comme un outil pour des interventions de santé publique. »

 

Source : Appetite

SECURITE ALIMENTAIRE - EMBALLAGE

Jus de canneberge, extrait d’agrumes et pasteurisation à froid pour lutter contre les norovirus

Les norovirus, majoritairement véhiculés par les fruits et les légumes, sont généralement assez résistants aux traitements de pasteurisation à froid des aliments, comme l’ionisation, qui a pour effet négatif d’affecter les propriétés physico-chimiques des produits frais.

 

A l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), la professeure Monique Lacroix a développé une solution à base de jus de canneberge et d’extrait d’agrumes qui rend les norovirus plus sensibles à l’irradiation gamma, permettant ainsi de les éliminer tout en préservant la qualité de l’aliment, le tout sans risque pour le consommateur.

 

L’idée est de vaporiser les produits frais tels que la salade ou les fraises, puis de les traiter avec une pasteurisation à froid comme l’irradiation. Les acides organiques et le polyphénol contenu dans le jus de canneberge et l’extrait d’agrumes altéreraient la protéine virale et contribueraient à inhiber son activité. « Avec cette vaporisation de mélange de fruits agissant comme antimicrobien naturel, nous avons montré que le temps de traitement est réduit de moitié. Cela évite de briser les cellules végétales ou d’engendrer des brunissements », rapporte Monique Lacroix.

 

Les chercheurs ont testé la solution sur la salade, un des légumes les plus fragiles au niveau de la conservation. Ils espèrent désormais développer un partenariat avec l’industrie agroalimentaire pour tester des combinaisons de traitements faisant intervenir des extraits naturels de fruits et la pasteurisation à froid à l’échelle commerciale.

 

Source : Journal of applied microbiology 

AGRICULTURE DURABLE

Pour optimiser les rendements agricoles, l’Afrique mise sur les données satellitaires

Face à la problématique du manque de nourriture dans de nombreux pays africains, le Dr Catherine Nakalembe, responsable du programme Afrique de la NASA Harvest, a mis au point un système de surveillance des cultures basé sur les données satellitaires gratuites de la NASA et de l'Agence spatiale européenne.

 

Combinées aux données collectées sur le terrain dans les exploitations agricoles, les données satellites permettent de déterminer quels sont les cultures viables, dans quelles conditions et de quelles manières elles se développent. Toutes ces données permettent également d’estimer la quantité de nourriture qui sera produite au cours d'une saison. Ce système novateur facilite les alertes précoces d'éventuelles mauvaises récoltes dues à la sécheresse, aux inondations, aux maladies, ou encore aux infestations de ravageurs.  

 

Travaillant avec des outils de cartographie et d'analyse développés par des experts en télédétection au NASA Harvest's Hub de l'Université du Maryland, au centre des risques climatiques de l'UC Santa Barbara et des partenaires locaux, le Dr Nakalembe forme des analystes d'agences d'agriculture et de météorologie à l’utilisation de ces données en Ouganda, Tanzanie, Kenya, Kenya, Rwanda, Mali, Éthiopie et au Burundi.

 

Source : Nasa Harvest 

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LE COVID-19 : INFORMATION IMPORTANTE

Compte-tenu des dernières mesures prises par le gouvernement ce weekend, concernant la situation sanitaire liée à la propagation du virus COVID-19, toutes les réunions physiques, manifestations, et visites en entreprise sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.

Cependant, toute l’équipe Vitagora a adopté des mesures de télétravail et reste entièrement disponible pour répondre à vos questions et demandes liées aux services et projets proposés par Vitagora.

Une cellule de crise au sein de Vitagora liée à l’impact du COVID-19 sur l’activité de nos entreprises agroalimentaires régionales a été mise en place dès le vendredi 13 mars en lien avec l’ANIA et les autorités régionales.

Vous pouvez joindre cette cellule de crise pour toute demande relative à ce sujet au 06 72 39 66 96, Tom Vaudoux, ou par email, au elisabeth.lustrat@vitagora.com.

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