31 août 2021 / L'Observatoire des Tendances / Vitagora / Marchés et tendances

Observatoire des tendances #28 : La nutrition personnalisée ; unique à chacun mais multiple pour tous !


Originaire des Etats-Unis, la nutrition personnalisée représente un marché avec de nombreuses opportunités en termes d’alimentation fonctionnelle, mais aussi des défis techniques pour proposer une offre accessible aux consommateurs et adaptable à l’échelle industrielle. Services à la demande, produits personnalisés, programmes de prises de compléments alimentaires adaptés à chacun : la nutrition personnalisée permet aux consommateurs de se réapproprier leur nutrition, en tenant compte de leurs particularités en termes de besoins ou de potentielles carences.

 

Comment se porte la tendance de l’alimentation santé à travers le monde ? Quid de l’acceptation technologique de la nutrition personnalisée par les consommateurs ? Quels sont les premiers produits et services permettant, déjà, de répondre aux attentes de nutrition personnalisée ? Le point dans ce numéro de l’Observatoire des Tendances.

 

Nutrition personnalisée : de quoi parle-t-on ?

La nutrition personnalisée : une définition…

En janvier 2020, dans un article publié dans la revue Journal of the American College of Nutrition, l’American Nutrition Institute a proposé une première définition de la nutrition personnalisée (disponible sur ce lien) autour de trois notions :

  • la collecte des données individuelles : questionnaire, séquençage d’un prélèvement du microbiome, séquençage d’un prélèvement ADN, relevé de différents biomarqueurs sur la base d’un prélèvement ;
  • l’analyse de ces données pour poser un diagnostic ;
  • la traduction en solutions : la supplémentation, le coaching alimentaire et la livraison de repas.

Cette vision, construite autour de ces trois notions-clés, permet de distinguer la « nutrition personnalisée » des « aliments santé ». En effet, alors que les deux promettent d’apporter des bénéfices santé par l’alimentation, la démarche n’est pas la même.

 

L’aliment santé sera identifié et choisi (par le consommateur ou un prescripteur) en réponse à une problématique ciblée, et sera intégré au régime habituel du consommateur : par exemple, un pain enrichi pour senior pour lutter contre un problème de malnutrition au sein du petit déjeuner habituel, ou une boisson énergétique pour sportifs, etc.

 

A l’inverse, la nutrition personnalisée est une démarche globale dont l’objectif est d’identifier, selon les diverses caractéristiques d’un consommateur, la meilleure alimentation pour optimiser sa santé dans son ensemble (et non de façon ciblée), en termes de produits mais aussi de la composition des repas, des heures de repas, de compléments alimentaires si nécessaire, etc.

 

… et des applications multiples : de la catégorie de consommateurs à la nutrition de précision

La définition de la nutrition personnalisée, basée sur la collecte de données et leur traitement, la place plutôt dans le registre d’une alimentation futuriste et semble difficilement applicable à un modèle classique de production industrielle. Pourtant, des stratégies existent pour rester sur une échelle de personnalisation nutritionnelle moins fine, en passant par la segmentation des consommateurs (en savoir plus dans notre fiche performance à télécharger ici).

 

En effet, sans aller jusqu’à des programmes alimentaires adaptés à chaque individu, il est possible de catégoriser des aliments selon la population spécifique à laquelle ils sont destinés (enfants, seniors…) ou selon des catégories d’ordre nutritionnel (maladie cœliaque, diabète, intolérance au lactose ou au fructose, problématiques d’assimilation du fer…). En allant plus loin, afin de réduire ou même de supprimer des risques de santé (maladies cardiovasculaires, cancer, diabète, etc.), la nutrition personnalisée peut aller jusqu’à une alimentation de précision adaptée en fonction de la constitution du microbiote de chacun, voire de chaque génome.

 

Ainsi, cinq niveaux de précision de nutrition personnalisée sont envisageables :

  1. En ciblant une catégorie de population particulière : l’enfant, le senior, le diabétique, etc. ;
  2. En ciblant un état physiologique à un moment précis : effort sportif, grossesse, études, etc. ;
  3. En collectant des données personnelles pour façonner un programme nutritionnel adapté au profil d’un consommateur spécifique ;
  4. En collectant des données personnelles, mais en les traitant de manière automatisée grâce à des algorithmes et à des outils d’intelligence artificielle ;
  5. En mettant à disposition des consommateurs des produits finis ou des services personnalisés selon le génome de chaque consommateur.

 

Le niveau 5 est celui présentant évidemment le plus de barrières, à la fois technologiques et réglementaires, alors que la majorité des innovations se concentre au niveau de précision n°3.

Le marché est-il prêt ?

Alimentation et santé font désormais la paire partout dans le monde

Développement des troubles métaboliques (diabète, obésité, hypertension), hausse de la prévalence des allergies et intolérances, crises sanitaires médiatisées (lait contaminé en Chine, vache folle…), mais aussi éducation nutritionnelle, démocratisation des connaissances autour du microbiote… : alimentation et santé sont désormais inséparables dans l’esprit des consommateurs, qu’il s’agisse de manger des aliments bénéfiques à la santé physique et mentale, ou, à l’inverse, de limiter les effets pervers d’une alimentation à risque.

 

Selon l’étude mondiale réalisée par le SIAL 2020, 70 % des consommateurs estiment avoir changé leurs habitudes alimentaires en faveur d’une alimentation plus saine. Parmi les facteurs cités, on trouve principalement :

  • La recherche de bénéfices santé, à 39 %
  • La réduction de certains ingrédients, comme le sucre, le gras, le sel, à 36 %
  • La recherche d’une alimentation globalement plus équilibrée, à 33 %

A travers le monde, 69 % des répondants estiment que l’alimentation peut présenter un risque sur leur santé. En France, ce chiffre monte même jusqu’à 79 % (contre 59 % en 2012), ce qui place les Français parmi les consommateurs les plus soucieux au monde, derrière l’Asie du Sud-Est (à 86 %) et le Moyen-Orient (à 81 %). Si certaines zones géographiques sont bien en-deçà, il faut souligner que dans l’intégralité des pays au monde (sauf la Chine), la part de consommateurs inquiets des risques santé de leur alimentation est en hausse. Par exemple, le Royaume-Uni comptabilise 57 % de consommateurs soucieux des risques santé de leur alimentation en 2020… contre seulement 33 % en 2012. Seule la Chine fait figure d’exception avec une diminution de sa part de consommateurs inquiets, en raison notamment du travail de réassurance de l’Etat suite à l’affaire des laits frelatés de 2008 (79 % de consommateurs inquiets en 2020, contre 92 % en 2012).

 

Compléments alimentaires, aliments fonctionnels : une croissance révélatrice 

La conscience santé-alimentation est donc désormais présente partout dans le monde. En conséquence, le marché des produits axés « santé » se porte très bien, avec une croissance de près de 10 points en 5 ans pour atteindre 32,4 % en 2019 (35,9 % en Amérique du Nord) (source : SIAL 2020). En France plus spécifiquement, la vente des aliments fonctionnels a atteint 6 milliards d’euros en 2017 uniquement via les achats en grande surface, selon Xerfi.

 

La progression du marché des compléments alimentaires révèle également l’intérêt croissant des consommateurs pour une alimentation « santé ». En 2019 en France, le marché des compléments alimentaires a atteint 1,9 milliards d’euros, avec 46 % des Français qui en ont consommé au moins une fois (source). Les principales indications qui intéressent les consommateurs sont :

  • La digestion / le transit (+9% du marché en valeur)
  • Le sommeil / le stress / l’humeur (8,5%)
  • La vitalité (7,7%)

En revanche, les compléments alimentaires orientés « minceur » et « drainage » sont en perte de vitesse (-6,7 % en 2019), descendant ainsi à seulement 3,6 % de part de marché.  

 

Aux Etats-Unis, la moitié des Américains consomment régulièrement des compléments alimentaires et le marché a atteint 37 milliards de dollars (soit 30 milliards d'euros) en 2018 (source). En croissance régulière, la pandémie de covid-19 a joué un rôle d’accélérateur encore plus marqué : +125 % pour les produits immunisants, +77 % pour les vitamines, et +30 % pour les probiotiques en 2020 (source).

Appétit naissant pour la nutrition personnalisée

Au carrefour de l’alimentation santé et de l’aspiration des consommateurs à une individualisation des produits et des services, la nutrition personnalisée promet une optimisation du régime alimentaire et des apports nutritionnels de chaque individu, en fonction de facteurs qui lui sont propres : exclusion d’un ou plusieurs ingrédients en cas d’intolérance ou d’allergie, amélioration de la teneur nutritionnelle selon l’âge et l’activité physique d’un consommateur, mais aussi selon son état de santé, son mode de vie, son microbiote, et même son ADN. 

 

Contrairement à ce que l’on pourrait attendre devant le côté « innovant » du concept, la majorité des consommateurs, quel que soit leur âge, semble intéressée par le concept d’une alimentation personnalisée : 71 % des consommateurs interrogés se sont dit intéressés par des aliments personnalisés selon une étude mondiale réalisée par Global Data en 2016, dont 74 % des répondants de 18 à 34 ans, mais aussi 60 % des répondants de plus de 65 ans.

 

Selon UBS, le marché de la nutrition personnalisée pourrait atteindre 1,3 milliard de dollars en 2025… et jusqu’à 64 milliards de dollars en 2040 (source).

L’acceptabilité de la collecte des données personnelles… un frein, surtout en France

Si les études déclaratives semblent ouvrir la porte à la nutrition personnalisée, la barrière psychologique liée à la collecte des données personnelles reste un frein très important.

 

 

Différentes études réalisées par Mintel en 2020 permettent de constater que les consommateurs à travers le monde ne sont pas tous égaux devant la collecte des données personnelles. Ainsi, en Chine, 88 % des consommateurs se disent intéressés pour suivre leur apport calorique. Au Royaume-Unis, 49 % des personnes interrogées pensent qu’il est important de pouvoir suivre des informations comme la santé, le régime, ou l’exercice physique, pour rester motivé. Au Canada, 22 % des personnes interrogées utilisent la technologie (applications ou objets connectés) pour gérer leur santé.

 

En France, une étude menée par la Maif et Réputation Squad en 2018 a permis d’évaluer le degré d’acculturation (ou d’inquiétude) des Français vis-à-vis de l’utilisation de leurs données personnelles : 75 % des Français interrogés se disent soucieux de l’utilisation de leurs données personnelles, dont 66 % des 0-18 ans et jusqu’à 83 % des 61-75 ans. Selon cette étude, seuls 32 % des Français seraient prêts à confier leurs données de santé à l’Etat – et encore moins s’il s’agit de données liées au domaine privé. Cette étude trouve une résonnance directe dans le contexte de mise en place du pass sanitaire à l’été 2021, suscitant défiance et opposition, et la question de l’acceptation des objets ou services basés sur la collecte de données se pose donc plus que jamais.

 

Eddy Fougier nous parlait des conditions de l’acceptabilité de la nutrition personnalisée par les consommateurs, lors du Forum Vitagora de 2016 : une intervention à réécouter sur notre chaine YouTube ici.

Une offre innovante… mais pas si futuriste !

Le degré de précision de la nutrition personnalisée peut être plus ou moins fin : aussi, le champ des applications, produits et services, est très divers. Si certaines sont de l’ordre de l’innovation de rupture, d’autres semblent plus faciles à déployer à l’échelle industrielle – et à faire accepter aux consommateurs. Et si certaines innovations reposent sur de la R&D agroalimentaire, ce n’est pas nécessairement le cas : en effet, il est également possible d’innover en associant ses compétences en nutrition et alimentation au progrès technologique d’autres secteurs d’activités (comme le numérique et l’intelligence artificielle).

 

Objets, plateformes et services connectés

Petit à petit, et malgré la réticence quant à la collecte des données numériques, les objets « intelligents » se font une place dans le quotidien des consommateurs : montres connectées, enceintes à commande vocale, thermostat connecté, ... Selon le cabinet IoT Analytics, il existerait déjà 11,7 milliards d’objets connectés dans le monde (source) – mais ce chiffre est difficile à analyser car il recouvre de multiples réalités : au-delà des équipements de maison intelligente et des gadgets pour particuliers, compteurs énergétiques communicants, instruments médicaux connectés, équipements de maintenance prédictive en usine, entre autres, peuvent également être pris en compte.

 

En France, selon une étude réalisée par OnePoll pour Reichelt elektronik, 29 % des Français ne perçoivent pas la plus-value ou l’intérêt des objets connectés. Mais ils sont tout de même 63 % à posséder déjà au moins un objet connecté à domicile (source). Les objets connectés recueillant le plus d’intérêt chez les personnes interrogées sont : le contrôle de l’éclairage à distance (65 % des répondants), la sécurité (48 %), et le ménage (43 %).

 

Alors que l’acculturation à la « smart home » progresse dans le secteur de la sécurité, de l’énergie et du loisir, des entreprises de l’agroalimentaire commencent à déployer des objets connectés dédiées à la nutrition personnalisée :

  • En 2020, Nestlé a lancé Nesquino, une machine permettant de réaliser 21 recettes de boissons offrant un bénéfice santé et personnalisables grâce à l’application à laquelle elle est connectée (personnalisation de la température, suivi nutritionnel, combinaisons de recettes personnalisées…)

 

  • Plus innovant encore : l’enceinte connectée « XiaoAI » (à découvrir ici en vidéo), également développée par Nestlé à destination du marché chinois. Véritable assistant nutritionnel pour la famille doté d’une technologie d’intelligence artificielle, cette enceinte est un outil d’aide à l’achat (pour des kits de cuisine personnalisés, des boissons, des compléments alimentaires) ainsi qu’un conseiller nutritionnel (recettes, information), en plus de pouvoir… jouer de la musique !

  • L’ancien vice-président d’Unilever en Amérique du Nord, Eugenio Minvielle, a développé Innit, une plateforme associant un comité scientifique et un algorithme configuré selon les spécificités de l’alimentation de chaque pays, ainsi que le profil et les préférences de chaque individu. Cette plateforme permet d’obtenir un score indiquant si les produits sont adaptés aux profils des usagers, et va plus loin dans la personnalisation que des plateformes de notation telles que Yuka. Disponible en France depuis 2020, Innit est d’ores et déjà mise en application sur le drive Intermarché depuis début 2021, ainsi que sur le site d’e-commerce de Carrefour.

 

  • A Londres, la plateforme Vita Mojo propose aux restaurateurs de personnaliser les commandes de leurs clients en ajustant le profil nutritionnel des recettes (modification des quantités de chaque ingrédient, par exemple) via une application sur tablette.

 

  • Aux Etats-Unis, la SmartPlate, ou « assiette intelligente », permet d’identifier et de peser les aliments pour vérifier le nombre de calories contenues. L’application envoie également des notifications à l’utilisateur (pour l’informer de retirer ou non une partie du plat, par exemple), ce qui peut constituer un outil de suivi pour les personnes en période de régime.



L’impression 3D : potentiel d’alimentation personnalisée imprimable à domicile ?

La personnalisation sur-mesure est un débouché à fort potentiel de l’impression 3D alimentaire. Au-delà d’applications anecdotiques, comme les biscuits Oréo réalisés par les consommateurs eux-mêmes à l’occasion d’un festival américain, ou d’applications visant la texturisation d’aliments en purée, le potentiel de personnalisation par l’impression 3D peut effectivement aller jusqu’à la nutrition.

Par exemple, l’armée américaine étudie l’installation de capteurs placés sur les soldats pour remonter, directement à des imprimantes 3D, des informations nutritionnelles concernant leurs déficiences en vitamines et nutriments. Grâce à la remontée d’information, les imprimantes peuvent alors fabriquer, instantanément, des aliments supplémentés sur-mesure pour chaque soldat (source). Des barres énergétiques sur ce modèle sont d’ailleurs attendues pour 2025.

 

Labellisé par Vitagora, le projet d’innovation ID3AL a pour ambition de développer en France la première offre complète « aliments et équipements » permettant de fabriquer des plats équilibrés, prêts à consommer (chauds ou froids), par impression 3D. Les partenaires du projet (Dagoma, Bobitech, Nutrisens, le groupe SEB, Agrial, AgroMousquetaires et l’INRAE avec l’UMR GENIAL et l’UMR MICALIS) ont pour objectif de développer un démonstrateur de machine d’impression 3D d’aliments ainsi qu’une gamme de cartouches d’ingrédients permettant l’impression des plats en 3D avec une totale liberté de goûts, textures et formes, pour personnaliser les produits obtenus selon les cibles spécifiques de consommateurs. Trois applications sont ainsi visées : à domicile, en restauration et au niveau industriel. 

 

Pour aller plus loin sur le sujet de l’impression 3D alimentaire, lire aussi : Impression 3D d’aliments : des premiers éléments techno pour passer du labo à l’usine.

Nutrigénomique, microbiote et compléments alimentaires de précision

Depuis quelques décennies, les chercheurs et scientifiques de la nutrition et de l’alimentation s’accordent sur le fait que chaque individu a des besoins nutritionnels qui lui sont propres. Comment répondre à ces besoins à la fois multiples et si spécifiques ? A l’autre bout de l’échelle de personnalisation se trouve donc un niveau de précision plus fin, nécessitant des échanges plus aboutis entre le producteur et le consommateur – ainsi qu’une grande confiance dans le traitement des données partagées.


Composition du microbiote, ADN, échantillon salivaire, sont autant de sources de données individuelles exploitées par des start-ups innovantes à travers le monde pour construire une réponse nutritionnelle hautement personnalisée :

  • Aux Etats-Unis, la start-up Habit offre des programmes nutritionnels adaptés aux résultats de tests de laboratoire de ses clients ;

  • Au Royaume-Unis, DNAFit analyse 45 variations de gènes, sur analyse d’un échantillon de salive, pour proposer à ses clients un programme d’exercice et un régime alimentaire idéal selon chaque profil : vitamines et nutriments, sensibilité aux glucides et aux lipides, risques d’intolérance au lactose et au gluten, capacité à récupérer après l’exercice physique, la sensibilité au sel, à l’alcool et à la caféine, etc.

  • En 2018 au Japon, Nestlé a lancé son programme « Nestlé Wellness Ambassador » combinant intelligence artificielle, tests ADN et analyse des repas pour collecter des données sur l’alimentation et la santé des consommateurs. Sur la base des informations transmises, l’entreprise fournit ensuite les produits adaptés à chaque consommateur.

  • La start-up rennaise Nahibu est la première société au monde à proposer une analyse haute définition du microbiote intestinal à partir des selles en s’associant à MétaGénoPoliS, plateforme de l’INRAE dédiée à l’étude et aux recherches sur le microbiote intestinal. L’objectif de Nahibu est de délivrer ensuite des conseils alimentaires sur-mesure à chacun de leurs clients.

 

Et sur le plan réglementaire ?

La collecte de données personnelles est constitutive d’une démarche de nutrition personnalisée et permet d’ajuster spécifiquement un produit ou un régime alimentaire aux besoins, carences éventuelles, rythme de vie, voire microbiote ou génome de chaque individu. Mais que dit la réglementation ?

 

La réglementation diffère selon les pays, ce qui amène les entreprises à proposer certains services aux Etats-Unis sans les proposer aux utilisateurs français par exemple. En France, la nutrigénomique est notamment freinée par l’interdiction de commercialisation de tests ADN à grande échelle. En 2004, la loi de bioéthique interdit, en France, le recours aux tests ADN en dehors des domaines médical, scientifique et juridique. De plus, l’arrêté du 27 mai 2013 précise que le prescripteur de test génétique doit être un professionnel de santé ou un laboratoire agréé. Les recommandations personnalisées sont donc à ce jour majoritairement basées sur des questionnaires plus ou moins longs, ce qui limite à priori l’efficacité des cures.

 

Ces différences de réglementation permettent de comprendre pourquoi les innovations et leur lancement sur le marché sont plus fréquentes à l’étranger qu’en France : de nombreux projets émergent aux États-Unis, en Inde ou en Chine – des états moins regardants sur les règles éthiques de la génétique.

 

Pour aller plus loin

Au carrefour de l’intérêt des consommateurs pour des solutions individualisées et de leur attente pour une alimentation favorisant leur santé, la nutrition personnalisée possède un grand potentiel de développement. C’est un marché qui reste cependant à structurer autour d’acteurs aujourd’hui dispersés et hétéroclites et d’une définition encore en tâtonnement. Aux applications variées, appuyées par des technologies très diverses, son frein principal semble être l’acceptation des consommateurs quant au partage de leurs données personnelles, notamment en France et malgré les études déclaratives qui démontreraient le contraire – ainsi que la réglementation en lien direct.

 

La nutrition personnalisée a encore de nombreux développements devant elle. Si les produits et services de nutrition personnalisée récemment lancés sur le marché ciblent avant tout le bien-être physique, la digestion, la vitalité, un aspect encore peu exploité apparait prometteur : la santé mentale et l’humeur. Ainsi, dans le rapport Mintel sur les tendances alimentaires à horizon 2030, la santé du cerveau, associée à une gestion personnelle de l’alimentation, occupe une place importante. Nourrir l’esprit ? Rappelons-le : « sommeil / stress / humeur » est la 2nde indication, en forte croissance, sur le podium de la vente des compléments alimentaires en France 2019…

 

Pour aller plus loin sur le sujet, consulter également nos publications ci-dessous :

Sources non citées dans le corps du texte 

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