12 avril 2019 / Compte-rendu Vitagora/AREA BFC / Vitagora / Compétences/RH
LE CQP : est-ce la bonne solution pour former vos salariés ?
5 idées reçues décryptées par nos experts
Votre entreprise est amenée à faire face à des évolutions en compétences : évolutions techniques ou organisationnelles de vos métiers, automatisation d’une chaîne de production, robotisation du conditionnement, évolution de l’organisation (pilotage par indicateurs, amélioration continue…), ambition d’augmentation des volumes de vente, etc. Comment s’assurer une main d’œuvre qualifiée ?
Le CQP est le certificat de qualification professionnelle, qui permet de « faire reconnaître les compétences et savoir-faire nécessaires à l’exercice d’un métier ». Créé et délivré par les branches professionnelles, chaque CQP bénéficie d’une reconnaissance nationale auprès de chaque secteur d’activité. Plus de 1000 certificats sont aujourd’hui reconnus, dont près de 100 pour le seul secteur agroalimentaire.
Si le dispositif est de mieux en mieux connu des entreprises, franchir le pas est une autre affaire. « Rentrer dans une démarche de CQP n’est pas neutre », confirme Christelle Vandaele du Cedial. Mais celle-ci se révèle efficace et rentable sur le long terme pour une entreprise. Quels sont les avantages du CQP ? Et quels sont les verrous majeurs qui freinent une entreprise à se lancer dans le CQP ?
En tant qu’entreprise de l’agroalimentaire, vous vous reconnaîtrez certainement dans ces idées reçues. Décryptées par nos experts partenaires, Christelle Henry d’Alqual et Christelle Vandaele du Cedial vous apportent des solutions à explorer dès maintenant.
Idée reçue n°1 : à l’instar des autres types de formation, c’est inutile / je n’en ai pas besoin
Christelle Vandaele le constate : « Historiquement, il existe une certaine perception de la formation dans l’agroalimentaire. On la voit tantôt comme un moyen de valoriser le management en interne où l’objectif est de former, tantôt comme du temps perdu inutilement. Avec le CQP, c’est tout autre chose. Pas question de ‘perdre du temps’ : le CQP se met véritablement au service d’un projet de développement d’entreprise, notamment à moyen ou long terme : accompagner les équipes face à l’automatisation d’une chaine de production, la robotisation du conditionnement, l’évolution de l’organisation (pilotage par indicateurs, amélioration continue…), augmentation des volumes de vente, etc. »
Un point de vue partagé par Christelle Henry : « le CQP permet de répondre à des besoins réels et concrets en usine. Répondre à une pénurie de main d’œuvre qualifiée, reconnaître et valoriser les compétences des salariés, faire monter en compétences des salariés en poste pour faire face aux évolutions techniques ou organisationnelles du métier, etc. »
Constitué d’une partie théorique dispensée par un organisme de formation, d’une partie pratique encadrée par un tuteur interne à l’entreprise, puis d’un oral devant un jury professionnel, le CQP est un dispositif certifiant tourné « terrain » permettant de répondre concrètement aux problématiques métiers des entreprises.
Idée reçue n°2 : un CQP coûte cher
« C’est le frein majeur que nous rencontrons », affirme Christelle Henry, conseillère en Formation et Gestionnaire de Projets à Alqual. Car le CQP est une formation longue, ce qui représente évidemment un budget conséquent à investir.
« Si nous ne pouvons pas garantir la prise en charge totale d’un CQP par les OPCO, des solutions existent ; le dossier de financement est à étudier avec les OPCO. » En effet, les formations certifiantes sont en priorité financées par les OPCO : « ce qui est bien le cas pour les formations CQP », précise Christelle Henry.
Par ailleurs, selon Christelle Vandaele, le CQP doit être vu comme un investissement : « c’est un outil au service de l’entreprise, et il doit permettre un retour sur investissement ».
Idée reçue n°3 : un CQP prend du temps
« Contrairement à une formation de courte durée, le CQP s’envisage sur du long terme », confirme Christelle Henry. « Mais rien n’oblige une entreprise à réaliser ces journées dans un délais restreint. 3 mois, 6 mois, 12 mois, voire même 18 mois : le CQP est un dispositif souple, qu’il est possible de découper en blocs sans limite de temps pour s’adapter aux contraintes de l’entreprise. »
Elle ajoute : « Par ailleurs, les compétences gagnées par les salariés permettent un retour sur investissement : ils sont ensuite plus opérationnels et plus efficaces ».
Idée reçue n°4 : un CQP est trop lourd à mettre en place, et va démunir mon usine de son organisation opérationnelle !
Au contact des entreprises, Christelle Vandaele le constate très souvent : « avant d’envoyer un groupe de salariés en formation, une entreprise doit se réorganiser pour les libérer tout en restant performante et compétitive. Or, dans les PME, la souplesse des équipes en termes d’effectifs est souvent limitée… Mais il existe des solutions. Les formations inter-entreprises se développent par exemple, et permettent de libérer le personnel pour de la formation au fur et à mesure – ce qui est moins impactant pour une entreprise. »
Idée reçue n°5 : j’ai des besoins très précis, je ne vais pas trouver de solution avec un CQP
Chaque situation d’entreprise est différente. Contrairement à d’autres formations, le CQP, orienté « terrain », permet d’apporter des réponses concrètes à vos besoins… et même les plus spécifiques.
« Si le référentiel d’un CQP est identique pour tous au niveau national, le parcours de formation que nous allons déployer en entreprises doit être adapté à la fois à l’entreprise et aux salariés », explique Christelle Henry. « Ainsi, avant de lancer la formation à proprement parlé, nous réalisons des études d’opportunité pour évaluer le projet de l’entreprise, sa pertinence, et l’adapter de la façon la plus efficace possible. »
Exemple pratique
Christelle Vandaele se remémore un exemple de CQP mis en place dans une PME de charcuterie de moins de 120 salariés. « Process, Technique, QHS, communication et Animation font nécessairement partie du cahier des charge de la démarche. Pour autant, si un quart du programme de formation a été un apport technique sur la mécanisation de chaines de production, le plus intéressant pour cette entreprise a été de faire évoluer la perception du métier de conducteurs de ligne. Jusqu’alors, ils voyaient leur fonction comme une fonction de ‘conducteur-exécuteur’, et leurs managers comme des ‘super-conducteurs’. Notre programme de formation CQP a été orienté de façon à faire évoluer cette culture d’entreprise : aujourd’hui, ils ont évolué dans leur posture et se sont responsabilisés sur leurs postes. Les bénéfices sont d’ores et déjà visibles, avec des managers moins sollicités et plus disponibles pour se concentrer sur leur cœur de métier, et des conducteurs de ligne plus impliqués. »
Pour aller plus loin
Pour en savoir plus sur les avantages du CQP et l’intérêt qu’il représente pour votre entreprise, contactez Justine DUC, votre référente formation à l’AREA BFC : justine.duc@vitagora.com.
Nos experts partenaires
Alqual intervient auprès des industries alimentaires, chimiques et cosmétiques pour assurer des prestations de formation, de conseil et d’expertise, qui bénéficie notamment d’une agence à Dijon.
Alqual c’est une équipe de consultants formateurs spécialisés disposant d’une expérience en entreprise et utilisant une pédagogie très interactive & innovante plaçant le stagiaire au cœur de leur formation. Engagée dans une approche adaptée et innovante, Alqual met un point d’honneur à respecter ses valeurs tournées vers l’individu, l’écoute, et l’adaptabilité.
Depuis plus de 20 ans, l’équipe Cedial accompagne les entreprises agroalimentaires dans leur développement à travers des démarches de formation et/ou de conseil. Nous leur apportons notre expertise en organisation industrielle, développement de la performance, management, démarche qualité (HACCP, IFS, BRC, ISO 22000) ainsi que dans la gestion et le développement des compétences (formation, CQP). Nos prestations sont personnalisées à l’entreprise (TPE, PME, Groupe), concrètes et opérationnelles afin que les notions abordées soient intégrées par les équipes dans leurs missions et leur environnement de travail.
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