17 février 2022 / Compétences et expertise / Vitagora / Qualité
Qualité : des solutions pour un contrôle de l’environnement plus autonome

Pour garantir l’innocuité des produits alimentaires pour les consommateurs finaux, l’industrie agroalimentaire, et particulièrement les usines de production de viande ou de produits laitiers, est soumise à la réalisation régulière d’analyses microbiologiques, à la fois sur les produits et sur l’environnement de production.
Des solutions permettent aujourd’hui aux industriels de gagner une plus forte autonomie sur la réalisation de tests ou le suivi du contrôle de l’environnement. Découvrez des solutions dans cet article.
Pourquoi s’y intéresser ?
- Les analyses microbiologiques sont un impératif à réaliser en production agroalimentaire.
- Une contamination de l’environnement par une flore pathogène est à l’origine de risques pour les consommateurs et peut entraîner un arrêt total de la production pour l’entreprise.
- L’analyse de l’environnement, et notamment des surfaces, permet de garantir l’absence de contamination sur une ligne de production – ou de prendre les mesures correctives si nécessaire.
- La majorité des entreprises réalisent ces tests auprès de laboratoire, ce qui est coûteux et qui prend plus de temps.
- La réglementation, les certifications et les clients des industriels de l’agroalimentaire engendrent une demande croissante pour ces tests, mais les ressources pour les réaliser en entreprises sont le plus souvent limitées.
A travers le monde, l’OMS estime que près d’une personne sur dix souffre d’une toxi-infection alimentaire chaque année… ce qui provoquerait 420 000 décès par an (source). Si le risque létal des toxi-infections est moindre en Europe, il est tout de même à l’origine de près de 5 000 décès par an selon l’OMS, malgré les avancées des professionnels en termes de contrôles qualité et hygiène. Au total, l’OMS estime également que les contaminations engendreraient chaque année la perte de 110 milliards de dollars en frais médicaux et en production.
Pour garantir l’innocuité des produits alimentaires pour les consommateurs finaux, l’industrie agroalimentaire, et particulièrement les usines de production de viande ou de produits laitiers, est soumise à la réalisation régulière d’analyses microbiologiques, à la fois sur les produits en eux-mêmes mais aussi sur l’environnement de production. Cela permet de vérifier l’absence (ou la présence) de microorganismes, pour éviter notamment les contaminations par des flores pathogènes telles que Listeria monocytogenes, Escherichia coli 0157:H7, Salmonella, staphylocoques, etc.
Si le recours à des laboratoires externes reste indispensables dans certains cas, des solutions permettent aujourd’hui aux industriels de gagner une plus forte autonomie sur la réalisation de tests ou le suivi du contrôle de l’environnement. Kits de tests à déployer sur site pour des réponses rapides et fiables, logiciels de suivi des contrôles pour garantir une surveillance en temps réel, germes modèles pour mettre en œuvre une méthode préventive… Découvrez des solutions dans cet article.
NEMIS Technologies
NEMIS Technologies, jeune entreprise suisse créée en 2018 par Biosynth Carbosynth Ltd et Arnaud Muller, a pour mission de révolutionner la détection microbiologique dans les domaines de la sécurité alimentaire, du diagnostic clinique, de la sécurité de l’eau et de la santé animale. NEMIS Technologies développe des kits de détection de bactéries pathogènes pour le contrôle de surface : les premiers kits ont été commercialisés en 2021 en Suisse et en Europe.
Novolyze
Fondée en 2012 par Karim-Franck Khinouche en Côte d’Or, Novolyze accompagne l’industrie agroalimentaire dans ses démarches de modernisation en matière de qualité et sécurité des aliments. La société met en place une approche innovante axée sur la création de valeur, avec des impacts en matière de réduction des risques, conformité, performance industrielle et durabilité des systèmes de production. Novolyze combine expertise en sécurité des aliments, transformation digitale et autres solutions technologiques, au service d’une communauté enthousiaste de professionnels de l’agroalimentaire sur les 5 continents.
Des kits de détection à utiliser sur site
Une méthode pour gagner en autonomie
L’innovation de NEMIS Technologies permet aux utilisateurs de minimiser considérablement leurs risques grâce à une méthode de détection qui ne nécessite ni expertise ni infrastructure de laboratoire.
« Les méthodes conventionnelles existantes ne sont pas adaptées à la complexité et à l’évolution rapide des opérations de transformation des aliments. Celle-ci sont encore inadéquates en termes de rapidité, de facilité d’utilisation et de coût », explique Arnaud Muller, dirigeant de NEMIS Technologies. Pour permettre une détection précoce et fournir des données significatives pour agir à temps, NEMIS Technologies a développé un outil de dépistage à utiliser directement sur le site industriel, rapide (résultats en 24h), et facile à utiliser (lecture des résultats en 10 secondes).
Une technologie brevetée pour mettre en lumière les bactéries pathogènes
Les kits proposés par NEMIS Technologies permettent de réaliser les contrôles de l’environnement en interne et de façon très simple. Ils se réalisent en plusieurs étapes : écouvillonnage, transfert dans une éprouvette étanche, incubation dans une machine de très petite dimension, activation puis mesure.
« Notre innovation réside dans la technologie brevetée AquaSpark™, qui permet d’émettre de la lumière au moment de réaliser les mesures : les molécules chimioluminescentes très sensibles déclenchent une réaction lumineuse spécifiquement en cas de présence de bactéries Listeria monocytogenes vivantes. La robustesse du test est encore renforcée par le bouillon d’enrichissement de NEMIS contenant des phages, c’est-à-dire, des virus qui tuent les bactéries mais qui sont inoffensifs ou même bénéfiques pour l’homme. Le mélange unique de phages que nous proposons réduit le bruit de fond des bactéries alimentaires et garantit la détection de Listeria monocytogenes dans tous les environnements, même complexes », explique Arnaud Muller.
En décembre 2020, ce test de diagnostic pour Listeria monocytogènes a notamment reçu officiellement la certification AOAC Performance Tested Method de l’AOAC Research Institute aux Etats-Unis, organisation de certification reconnu dans la sécurité alimentaire

Qualification de l’efficacité des nettoyages : germes modèles et autres marqueurs à votre service
Qualifier l’efficacité du nettoyage est une étape primordiale dans la prévention des risques de contamination de l’environnement. La démarche consiste à prouver que le protocole de nettoyage est capable d’éliminer de manière constante et reproductible les risques de contamination, incluant pathogènes, allergènes ou encore flores entraînant une possible altération de la qualité des produits alimentaires. La société côte-d’orienne Novolyze propose deux solutions innovantes permettant de renforcer la maîtrise des risques en qualifiant le nettoyage et la désinfection en conditions réelles.
Prévention des risques pathogènes : quantifier la maîtrise des risques à l’aide des germes modèles
Les germes modèles sont des bactéries inoffensives qui imitent le comportement des pathogènes alimentaires tels que Salmonella ou Listeria. L’utilisation de pathogènes dans l’environnement industriel étant prohibée, les germes modèles permettent de simuler des contaminations en conditions réelles et valider la performance des protocoles de nettoyages et désinfection. L’utilisation des germes modèles est reconnue par le Codex Alimentarius comme « méthode de validation des mesures de contrôle ». L’utilisation de germes modèles est une méthode de plus en plus fréquemment utilisée car elle fournir des preuves extrêmement solides de l’efficacité des protocoles et procédés, et ceci directement en conditions réelles.
L’approche est compatible avec de nombreux types de nettoyages incluant nettoyages en milieu ouvert, nettoyages en place (NEP) et clean-breaks. Le germe modèle est tout d’abord appliqué sur les surfaces avant l’application du nettoyage, en général à des concentrations élevées permettant de quantifier la capacité d’abattement bactérien. Des inoculations localisées peuvent être réalisées ou parfois, le produit alimentaire lui-même est utilisé comme « support » pour simuler une contamination plus générale de l’environnement. La prise d’échantillons bactériens (surface, eaux, etc.) au cours du nettoyage permet de quantifier son efficacité dans la globalité ou l’efficacité de chacune des étapes du protocole.
Novolyze a développé une expertise très importante dans la caractérisation des germes modèles, leur production et leur utilisation en milieu industriel. La société commercialise notamment des solutions de germes modèles prêtes à l’emploi primées à de nombreuses reprises, notamment par l’Association International pour la Protection des Aliments (IAFP, 2017). En savoir plus sur cet exemple dans cet article.
Cartographie des risques liés à l’environnement : la fluorescence comme outil de visualisation
La société côte-d’orienne propose également des solutions faisant appel à des marqueurs de fluorescence. L’utilisation de marqueurs de fluorescence en milieu industriel permet notamment de mieux appréhender la distribution des risques dans l’environnement, tels que :
- Identifier les zones d’accumulation pouvant se traduire par l’apparition des niches bactériennes
- Mettre en exergue des phénomènes physiques de type ruissellement lors des nettoyages, pouvant entrainer des recontaminations de ligne
- Visualiser / cartographier les risques de contamination croisée dans l’environnement industriel
- Optimiser les étapes ou paramètres de nettoyage dans un objectif d’application de la « juste dose » nécessaire pour garantir la sécurité
Pierre Olivier Béal de Novolyze explique : « à la différence des germes modèles, les marqueurs de fluorescence ne permettent pas de quantifier l’efficacité des nettoyages. Ils sont néanmoins un outil précieux et de plus en plus fréquemment utilisé, non seulement dans une approche préventive, mais également dans l’identification des causes racines en cas de problèmes ou de prévalence ».

Garder le contrôle de l’analyse des tendances grâce au numérique
L’analyse des tendances : indispensable, mais compliquée sur le terrain
En termes de suivi Qualité et de contrôle de l’environnement, il est indispensable pour les industriels agroalimentaires d’avoir un plan de surveillance de l’environnement, mais aussi garder des enregistrements des différents résultats obtenus. Lorsque des résultats sont insatisfaisants, les actions correctives doivent alors être mises en place rapidement. Effectuer une analyse périodique des tendances de l’ensemble de ces résultats permet alors de déployer une approche préventive plutôt que corrective.
Mais réaliser cette analyse de tendances repose sur plusieurs critères : la standardisation des écouvillonnages, la gestion informatique des données (notamment lorsque la volumétrie des tests augmente), l’agrégation de données provenant de plusieurs outils, etc. Selon une enquête réalisée par Novolyze en 2020 auprès de responsables Qualité de l’agroalimentaire, plus de 70% d’entre eux confirment utiliser Excel pour le suivi et la traçabilité des plans de contrôle de l’environnement.
« Les plans de surveillance de l’environnement sont souvent composés de tâches très répétitives, réalisées principalement de manière manuelle, et parfois sujettes à erreurs », ajoute Pierre-Olivier Beal, VP Strategic Marketing chez Novolyze. « Pour les entreprises, nous constatons souvent un goulot d’étranglement dans lequel les réglementations et les exigences des clients se traduisent par une volumétrie de tests en augmentation… mais avec des ressources qui restent limitées. »
Une solution avec la numérisation
En 2021, Novolyze a lancé sa nouvelle solution de digitalisation du monitoring de l’environnement. « Cette solution permet d’automatiser, grâce au numérique, l’intégralité des plans de surveillance de l’environnement de l’entreprise, depuis la définition des plans d’échantillonnage jusqu’aux étapes d’analyses de tendances. La numérisation permet également d’automatiser une bonne partie des tâches de reporting, de limiter les doubles saisies d’information, pour que les responsables Qualité se concentrent sur des tâches à plus haute valeur ajoutée, telles que l’identification de l’origine des problèmes, les actions correctives et préventives, l’amélioration continue, etc. », explique Pierre-Olivier Beal.
Il détaille : « il s’agit d’une plateforme de type cloud : le plan de l’usine y est numérisé, car l’objectif est de pouvoir visualiser de manière dynamique la manière dont les contaminations évoluent dans l’environnement industriel, grâce aux échantillons associés aux points de prélèvement aux différents endroits de l’usine. On y coordonne également les démarches de planification des plans de contrôle ainsi que leur exécution. Ensuite, le système permet de gérer directement les résultats, de créer des indicateurs de performance et de les mettre en forme dans des tableaux de bord pour simplifier les démarches de reporting et l’analyse des tendances ».
Des gains considérables pour les entreprises
Novolyze a souhaité estimer le gain de temps et la réduction des coûts grâce à l’utilisation de cette plateforme numérique. En termes d’efficacité du personnel, l’équipe de Novolyze estime que la réduction des tâches répétitives permet de gagner jusqu’à 8h par semaine et par usine. Mais c’est probablement sur le rendement et la productivité que les gains sont les plus importants, notamment grâce à la réduction des temps d’arrêt de production non planifiés consécutifs à des problèmes liés à l’environnement. La démarche se traduit également par une diminution des risques de destruction de produits potentiellement non conformes, et donc des gaspillages associés. Pour en apprendre plus sur les bénéfices de la digitalisation des plans de surveillance de l’environnement, un livre blanc est mis à disposition gratuitement sur le site de Novolyze, disponible en cliquant ici.
Pour aller plus loin
Si ces solutions présentent des moyens pour gagner en autonomie, il est parfois également nécessaire de faire appel à des laboratoires d’analyses microbiologiques, comme Nexidia par exemple qui proposent des études sur-mesure et au niveau moléculaire. Pour en savoir plus sur les expertises en analyses microbiologiques et en contrôle de l’environnement de nos adhérents, ou pour être mis en relation, contactez-moi par e-mail : tom.vaudoux@vitagora.com.
A lire également :
L’expertise microbiologique : prévenir et contrôler les flores d’altération
Mots clés
Pathogènes, Qualité, Environnement, Microorganisme, Industrie, Microbiologie, Analyses, Contrôles
Pour en savoir plus
Pour en savoir plus sur les expertises en analyses microbiologiques et en contrôle de l’environnement de nos adhérents, ou pour être mis en relation, contactez-moi par e-mail : tom.vaudoux@vitagora.com.
Diplômé d’AgroSup Dijon, Tom s’est très vite intéressé à la qualité en agroalimentaire. Successivement assistant chef de projet R&D puis assistant qualité au sein d’un groupe agroalimentaire, cette double casquette lui permet d’aborder la qualité des points de vue terrain et innovation. Un sérieux atout qu’il met au service des adhérents de Vitagora et des entreprises de la filière en région Bourgogne-Franche-Comté.
Accueil
