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La lutte contre la dénutrition des personnes agées est engagée
14 octobre 2009 Aujourd’hui, la France compte plus de 20 millions de personnes de plus de 50 ans, ce qui représente 35% de sa population. On estime qu’en 2050, il y aura deux fois plus de personnes âgées de plus de 60 ans et trois fois plus de personnes de plus de 70 ans.
Quant aux personnes de plus de 80 ans, elles seront quatre fois plus nombreuses. Des données d’autant plus préoccupantes quand on sait que l’avancée en âge est associée à un déclin des capacités olfactives et gustatives, à une diminution des capacités physiques pouvant impacter sur le comportement alimentaire, enfin à des modifications métaboliques et du système immunitaire. Plusieurs études l’ont en effet montré. Affaiblissant l’organisme et limitant la capacité d’adaptation entre besoins nutritionnels et apports alimentaires, les changements peuvent alors conduire à des déséquilibres, voire une malnutrition. Face à ce constat, il était donc urgent d’agir. D’où le lancement d’AUPALESENS, un projet co-labellisé par les pôles de compétitivité Vitagora et Valorial et retenu par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), dans le cadre de l’appel à projets du programme de recherche en Alimentation et Industries Alimentaires (ALIA). Porté par Virginie Van Wymelbeke, docteur en nutrition de la personne âgée au Centre Gériatrique de Champmaillot, à Dijon, ce projet d’une durée de quatre ans regroupe 9 partenaires. Son objectif est de mieux connaître les changements qui apparaissent au cours du vieillissement, et notamment ceux qui mènent aux premiers signes de malnutrition. « L’originalité de ce projet, unique en son genre, est de ne pas dissocier sensorialité et nutrition afin d’essayer de mieux comprendre comment l’avancée en âge peut entraîner la dénutrition », précise la nutritionniste dijonnaise. Durant une première phase, AUPALESENS prendra la forme d’une enquête, réalisée auprès d’une population de seniors classés en différentes catégories en fonction de leur localisation et de leur degré d’autonomie ou de dépendance. Si les personnes âgées de plus de 65 ans représenteront la population cible, ce projet s’intéressera aussi aux jeunes seniors âgés d’environ 55 ans. Il est important en effet de pouvoir caractériser cette population afin de découvrir s’il existe des facteurs spécifiques dans la façon de vivre de ces personnes qui pourraient entraîner une dénutrition. « Les résultats de cette enquête nous permettront alors d’entamer une seconde phase au cours de laquelle nous travaillerons à l’amélioration de la prise alimentaire, que ce soit en optimisant le produit lui-même ou plus généralement en offrant à la personne âgée la possibilité de se réapproprier son repas », résume Virginie Van Wymelbeke. Pour les laboratoires et les industriels partenaires de ce projet, il s’agira alors de travailler à l’amélioration des produits existants, voire d’en concevoir de nouveaux. « Nous allons nous intéresser notamment à la texture des aliments, l’objectif étant de concevoir des produits plus particulièrement adaptés à des personnes âgées dont l’ensemble de l’appareil buccal et pharyngé ne fonctionne plus normalement », précise-t-elle. Il restera alors à vérifier si ces nouveaux produits ou ces produits modifiés, et la réappropriation des repas, permettent d’optimiser le plaisir de manger, qui plus est d’augmenter la prise alimentaire. Enfin, il faudra valoriser les résultats obtenus, en particulier sous la forme de diverses recommandations, tant auprès des professionnels que sont les praticiens, les soignants et les aides familiaux, que des différents organismes concernés comme le Ministère de la Santé, la Direction Générale de la Santé, l’AFSSA et l’Assurance Maladie.
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