29 nov. 2022

Vitawatch de novembre : votre veille agroalimentaire scientifique en un coup d'œil

 

Alimentation et santé, formulations et process, comportements des consommateurs, agriculture durable… À travers le monde, des équipes de recherche explorent et construisent des solutions innovantes pour une alimentation plus saine, durable et savoureuse.


À lire dans notre Vitawatch de ce mois de novembre : des conséquences négatives des aliments ultra-transformés sur la santé mentale, une technologie révolutionnaire de biomarqueurs urinaires, analyse nutritionnelle et environnementale des repas scolaires primaires végétariens et non végétariens, une nouvelle technologie aquacole pour produire des algues enrichies, la « culture camouflage »...

 

Faites votre veille scientifique au service de votre innovation dans l'agroalimentaire !

 

Alimentation et santé

La consommation d'aliments ultra-transformés entraînerait l'apparition de symptômes liés à une santé mentale dégradée

Selon une nouvelle étude publiée dans Public Health Nutrition, les personnes qui consomment de grandes quantités d'aliments ultra-transformés présenteraient plus de symptômes en lien avec la santé mentale que la moyenne.

 

Si plusieurs études montrent déjà les conséquences négatives des aliments ultra-transformés sur la santé physique, leurs effets sur la santé mentale sont moins étudiés.

Au cours de cette étude, menée par Eric Hecht, médecin et professeur auxiliaire à la Florida Atlantic University et à l'Université de Miami, les chercheurs ont suivi la dépression légère, ainsi que le nombre de jours de mauvaise santé mentale et d'anxiété dans une cohorte de plus de 10 000 adultes de 18 ans via une série d’entretiens et d’examens physiques. Au-delà d’informations sur la santé mentale, les enquêtes recueillent des informations sur les aliments consommés et les comportements alimentaires.Les personnes ayant consommé les aliments les plus ultra-transformés ont eu tendance à avoir des symptômes accrus de dépression légère ainsi que plus de "jours de mauvaise santé mentale" et de "jours anxieux" par rapport à ceux qui en ont consommé le moins.

 

A contrario, un nombre important de personnes qui ont déclaré que les aliments ultra-transformés représentaient moins de 19 % de leur apport calorique quotidien n'avaient aucun jour de mauvaise santé mentale et aucun jour d'anxiété. « Notre étude était transversale, nous ne pouvons donc pas être sûrs de ce qui est arrivé en premier, la consommation d’aliments ultra-transformés ou les symptômes », a expliqué Dr. Hecht. « La causalité inverse, c’est-à-dire que les symptômes de santé mentale pourraient augmenter la consommation de produits ultra-transformés est aussi une possibilité. Cependant, des études longitudinales ont mis en évidence une relation temporelle entre la consommation d’aliments ultra-transformés et les symptômes de santé mentale. De plus, des études expérimentales ont montré que la réduction de la quantité d’aliments ultra-transformés améliore les symptômes de santé mentale. »

 

Source : https://www.cambridge.org/core/journals/public-health-nutrition/article/crosssectional-examination-of-ultraprocessed-food-consumption-and-adverse-mental-health-symptoms/CD2C496A199CAB4A9056C00DB5F8AFDE

 

 

Des tests d’urines pour identifier les biomarqueurs de la consommation alimentaire, et faire des recommandations ciblées

Des scientifiques de l’université d’Aberystwyth (Pays de Galles) ont mis au point une technologie révolutionnaire de biomarqueurs urinaires capables de suivre le comportement alimentaire, dans le but de mettre en exergue des liens entre les habitudes alimentaires et la santé à long terme. « Nous examinons quels produits chimiques se trouvent dans les aliments et comment les humains interagissent avec eux », explique le professeur Draper, en charge de l’étude.

Cela signifie que les chercheurs peuvent identifier « l’empreinte chimique » des aliments après consommation grâce à des tests d’urine. Par exemple, le biomarqueur de la consommation de volaille sera la L-Ansérine, alors que pour la viande rouge, ce sera la carnosine. Ces découvertes devraient permettre le développement d’aliments fonctionnels plus ciblés.


Par ailleurs, la plupart des directives nutritionnelles nationales ou des systèmes d’étiquetage nutritionnel sont basé sur ce que les gens admettent manger et de nombreuses études menées pour évaluer les facteurs impactant les choix alimentaires et les comportements alimentaires reposaient principalement sur des protocoles directs dans lesquels les participants étaient directement interrogés… Ces méthodes directes peuvent induire des biais dans les réponses, notamment en raison de l’effet de désirabilité sociale.


Pour résoudre ce problème, les chercheurs d’Aberystwyth ont décidé de développer une nouvelle technique pour suivre l’alimentation qui est plus objective et ne répond pas à l’auto-déclaration. Le résultat est un test d’urine qui peut être effectué à la maison, parallèlement au panel de biomarqueurs qui peut identifier avec précision ce qui a été mangé. Le professeur Draper a déclaré que le kit de test est relativement compétitif par rapport à la méthodologie traditionnelle d’enquête sur la santé, qui nécessite que les chercheurs collectent et rassemblent des données.

Source : https://www.acs.org/content/acs/en/pressroom/newsreleases/2022/august/food-allergies-can-be-reversed-in-mice-by-targeting-the-microbiome.html

 

Formulation des aliments / process

Quantification de la qualité nutritionnelle et des émissions de gaz à effet de serre des repas scolaires primaires végétariens et non végétariens

Depuis 2018 en France, la réglementation oblige les cantines scolaires à servir au moins un repas végétarien hebdomadaire afin de réduire leur impact environnemental. Cela complète les réglementations précédentes imposant des lignes directrices sur la composition nutritionnelle. Or, un déjeuner sans viande est souvent perçu comme insuffisant pour couvrir les besoins nutritionnels des enfants.


Une étude menée par le CSGA (INRAe Dijon) a évalué la qualité nutritionnelle et les émissions de gaz à effet de serre (GES) des repas scolaires végétariens et non végétariens servis dans les écoles primaires de Dijon. Le service restauration a fourni la composition de 249 repas servis en 2019. Le contenu nutritionnel et les émissions de gaz à effets de serre (GES) ont été extraits des bases de données alimentaires nationales. L'adéquation nutritionnelle des repas pour les enfants âgés de 6 à 11 ans a été estimée en utilisant le rapport d'adéquation moyen (Mean Adequancy Ratio. MAR/2 000 kcal) comme pourcentage moyen de l'apport quotidien recommandé pour 23 nutriments et le rapport d'excès moyen (Mean Excess Ratio. MER/2 000 kcal) comme le pourcentage moyen d'excès par rapport à la valeur quotidienne maximale recommandée pour trois nutriments.

Cette analyse montre que les repas végétariens et non végétariens avaient une bonne qualité nutritionnelle similaire avec un MAR/2 000 kcal de 87,5 % pour les repas végétariens et de 88,5 % pour les repas non végétariens, et un MER/2 000 kcal de 19,3 % pour les repas végétariens et de 19,1 % pour les repas non végétariens. Les émissions de GES ont en revanche été plus que doublement réduits dans les repas végétariens par rapport aux repas non végétariens (0,9 contre 2,1 kgC02/repas). Ainsi, augmenter la fréquence des repas végétariens, en servant plus fréquemment des recettes à base d'œufs, de produits laitiers ou végétaliens, réduirait les GES tout en maintenant une qualité nutritionnelle adéquate des repas à l'école primaire.

Source : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fnut.2022.997144/full#.Y0QnPWjzC4c.linkedin

 

Nouvelle technologie aquacole pour produire des algues enrichies

Les algues peuvent contenir des quantités importantes de protéines essentielles, de glucides et de minéraux, offrant une source alimentaire alternative, durable et saine. Cependant, des défis menacent encore leur pleine exploitation. Une étude, menée par une équipe de recherche de l'Université de Tel-Aviv et de l'Institut de recherche océanographique et limnologique d'Israël à Haïfa, présente une approche aquacole innovante en deux étapes intégrant algues et poissons, dédiée à l'enrichissement des algues en composés nutritionnels. L'approche consiste à détourner les effluents des élevages de poissons riches en nutriments vers une série de bassins de culture d'algues.


Les algues ont ensuite été exposées à des facteurs de stress abiotiques à court terme (une irradiance élevée, une privation de nutriments et une salinité élevée) pour stimuler la synthèse des ingrédients souhaités dans leurs tissus. Cette méthodologie a permis des taux de croissance élevés allant jusqu'à 25% d'augmentation de la biomasse d'algues par jour, avec des améliorations significatives de la quantité de protéines, d'amidon, et de minéraux produits en quelques jours. De plus, les algues présentaient des capacités de bioremédiation élevées assimilant l'azote ammoniacal, NO3 et PO4 avec des taux d'absorption élevés et des efficacités d'élimination de 50 à 75%.

 

Cette étude aboutit à moyen prometteur pour la transition de la production d'algues de biomasse brute et de base à une production sur mesure d'algues fonctionnelles, enrichies de composés d’intérêt pouvant être utilisés dans les industries émergentes de l'alimentation et de la santé.

Source : https://www.europeanscientist.com/en/agriculture/new-aquaculture-technology-to-produce-super-rich-seaweed/

 

Comportements des consommateurs

Le e-commerce dans le secteur de la distribution alimentaire

Le commerce en ligne connait depuis une vingtaine d’années un réel essor, notamment dans le secteur alimentaire. Une étude menée par l’Institut Mines Telecom Business School d’Evry et la Toulouse School of Economics (INRAe), à partir de données d’achats alimentaires de ménages français collectés par la société Kantar WorldPanel, permet d’analyser l’effet de l’émergence du e-commerce sur le comportement du consommateur ainsi que son bien-être, la concurrence en aval et le partage des profits entre distributeurs et industriels. Les résultats montrent que les comportements d’achat des consommateurs sont différents en magasin et en ligne.


En effet, la demande en magasin est moins élastique que la demande en ligne. Malgré une hausse des prix en magasin, le e-commerce a globalement augmenté le bien-être des ménages français via une diversification de l’offre proposée. En revanche, ce mode de distribution n’a pas été profitable pour tous les distributeurs. Ceux ayant choisi de développer des entrepôts distants des magasins existants ont augmenté leur profit alors que ceux ayant choisi d’accoler ce service aux magasins existants ont vu leur profit diminuer. Enfin, les résultats révèlent que le développement du e-commerce est profitable aux industriels dans le secteur des boissons non alcoolisées et ce, en raison d’une augmentation de leurs marges. La hausse du prix de gros négocié entre industriels et distributeurs s’explique par une baisse du pouvoir de négociation des distributeurs développant le e-commerce.

Source : https://ageconsearch.umn.edu/record/324772

 

Agriculture durable

Des scientifiques testent de nouvelles alternatives biologiques aux pesticides toxiques

La « culture camouflage » (camo-cropping en anglais) fait partie d’un système de lutte intégrée contre les ravageurs visant à protéger les betteraves contre les pucerons, que la British Beet Research Organization (BBRO) développe avec le soutien du Defra, le département de l’alimentation et de l’agriculture du gouvernement britannique. Le projet global, baptisé ABCD of Aphid IPM, consiste à pulvériser des tissus non toxiques ou des colorants alimentaires sur le champ - couvrant le sol et les jeunes plants - afin de réduire la différence de couleur entre la terre nue et les feuilles de betterave.
Les pucerons, ravageurs dévastateurs pour les producteurs de betteraves, comptent en partie sur ce contraste de couleurs pour s'installer sur les cultures. L’essai démarré cette année sera renouvelé l’an prochain, explique David Jones, directeur de la ferme de la Morley Agricultural Foundation qui héberge les tests.


« Un des défis majeurs est que, pendant des décennies, les producteurs ont pu compter sur une chimie exceptionnellement efficace, avec des produits et des ingrédients actifs simples à utiliser », explique Steve Edgington, responsable du groupe biopesticides de Cabi (Center for Agriculture and Bioscience International). « Avec un produit chimique mortel, le ravageur sera immédiatement abattu - le travail est fait. Avec les biopesticides, vous avez souvent besoin de techniques différentes et de processus de pensée différents. »


Les avantages à s’éloigner des solutions chimiques sont immenses. « L'utilisation excessive de pesticides synthétiques détruit certains sols. À long terme, vous préservez la santé des sols, la résilience des plantes et votre production agricole grâce à la lutte biologique. »

Source : https://www.ft.com/content/53563979-64ed-4132-911f-ae55c10bda32

 

Pour aller plus loin

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4 commentaires

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